Instant de grâce au Hâble d’Ault

J’étais parti dans l’idée de photographier les falaises à Ault, mais à mon arrivée je les découvrais masquées par une épaisse brume de mer. C’est donc un peu en désespoir de cause que je décidais d’aller arpenter la vaste étendue du Hâble d’Ault, qui était en revanche dégagée. C’est un endroit que je trouve un peu trop marqué par la chasse, avec au final assez peu d’oiseaux, et j’avoue ne généralement pas prendre beaucoup de plaisir à me promener en ce lieu.
C’est pourtant un long moment de sérénité que m’a offert le Hâble d’Ault ce jour-là. Une lumière diffuse aux teintes chaudes de fin de journée baignait les étangs et je décidais de me poser au pied d’une hutte pour observer la nature. Une multitude de lapins peuplent l’endroit et, bien qu’un instant dérangés par ma présence, je les apercevais ensuite régulièrement passant la tête hors du terrier pour voir si l’intrus que je représentais était toujours là.
Les cygnes se pavanaient sur l’étang, majestueux, glissant en silence dans la lumière dorée, laissant place parfois à quelques échauffourées entre deux jeunes, reconnaissables à leur plumage encore teinté de gris-beige.
Des groupes de canards passaient régulièrement dans les airs, infléchissant leur route dès qu’ils me repéraient. C’était le jour des Tadornes de Belon, ce canard emblématique de la Baie de Somme, aux belles couleurs alliant le noir et le blanc, le rouge et le marron. Je les observais ainsi un long moment se poser, s’envoler, se courser…
Ce fut deux heures de grand calme, durant lesquelles tout était paisible… Un petit moment privilégié, dont le charme m’a réconcilié avec le hâble d’Ault !