Dans mon marigot…

Je vais vous parler aujourd’hui d’un de ces marigots qui serpentent dans les mollières en Baie de Somme… Envahi par les eaux à marée haute, il se découvre à marée basse et se révèle un formidable garde-manger pour les oiseaux. En ce mois de mai propice aux migrations, j’ai décidé de m’y installer pour tenter quelques images des limicoles et autres bêtes à plumes qui fréquentent le site. La place n’est pas d’un accès facile pour aller se dissimuler sous un filet de camouflage le long des parois qui forment des mini-falaises. Traverser les bras mineurs pour gagner le cours principal implique de marcher dans 10 à 15 cm de boue et de vase, et garder ses bottes aux pieds devient vite une préoccupation majeure ! Une fois sur place, il faut trouver un endroit où s’assoir, toujours dans 2 à 5 cm de bouillasse… On a beau mettre un sac plastique sous les fesses, au bout de quelques heures d’affut la gadoue finit par passer par dessus et on est au frais :mrgreen:

Pour autant une fois installé, silencieux et à peu près dissimulé, voici quelques-unes des espèces que j’ai pu apercevoir d’assez près pour les photographier :

 

A tout seigneur, tout honneur, le Tadorne de Belon, emblème de la Baie de Somme, est venu plusieurs fois patauger devant moi, bien souvent en couple. Très bavard, il ne cesse de murmurer et de discuter avec madame, et bien souvent Monsieur monte sur la berge pour surveiller les alentours alors que madame cherche sa nourriture dans la vase.

 

 Les chevaliers Gambettes sont d’autres grand amateurs du site :

Ils arrivent en bande, parfois d’une trentaines d’individus, et viennent se baigner ou se nourrir dans le marigot. Leur arrivée suit toujours le même protocole avec deux ou trois survols de la zone en reconnaissance, avant que le groupe ne s’abatte sur la berge. Leur chant, très agréable à entendre, signale leur arrivée.

 

L’arrivée des spatules a été un moment de grande émotion pour moi. Je ne les avais pas entendu arriver et c’est en tournant machinalement la tête que j’ai découvert leur présence…

Elles sont restées quelques minutes à fouiller méthodiquement le fond du marigot près de moi avant de disparaître à nouveau derrière le virage du cours d’eau.

 

Et puis il y a les avocettes… Elles arpentent les berges et sont d’une efficacité redoutable pour attraper les vers de vase.

 

Une fois repue, l’avocette s’autorise une petite sieste :

Suivie, au réveil, d’une séquence d’étirements et de la toilette :

 

Enfin, quelques chevaliers aboyeurs sont venus explorer les lieux, ainsi que deux Tournepierres-à-collier.

 

 Au final, j’ai réalisé assez peu de photos durant ces 20 h d’affut. La lumière était rarement bonne du fait de la grisaille dominante en ce mois de mai, le décor assez tristounet et les oiseaux avaient souvent des comportements répétitifs ou statiques. Par contre, être ainsi tout seul au milieu des oiseaux à écouter et savourer leurs chants, à observer et tenter de comprendre leurs comportements, à découvrir des espèces que je n’avais jamais vues que de loin, quel plaisir !

2 comments for “Dans mon marigot…

  1. 30 mai 2012 at 14 h 40 min

    Et bien malgré la ‘grisaille’, les ambiances et PDV sont superbes ! Pour certaines espèces comme les Avocettes et Spatules, c’est peut être même bénéfique … 😉
    Je partage cette même passion de l’immersion dans le milieu, particulièrement dans les estuaires. La Baie de la Canche n’offre malheureusement que très peu d’occasions pour de tels affûts, mais c’est la seule que je connaisse (un peu).
    Au plaisir d’une rencontre sur le terrain 🙂
    steph

  2. Anonyme
    31 mai 2012 at 8 h 39 min

    Merci Stephan,c’est vrai que ces milieux sont d’une incroyable richesse ! Je ne connais pas la Baie de la Canche, mais j’ai un peu exploré la Baie d’Authie, elle offre aussi pas mal de possibilités !
    Amitiés

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