Les oiseaux du hâble d’Ault

Au Hâble d’Ault, le printemps est aussi l’époque où les passereaux sont assez facilement observables. Avec un peu de chance, on croisera le traquet motteux explorant un terrier de lapin pour y faire son nid ou arpentant les pelouses à la recherche de nourriture. Il court et sautille dans l’herbe rase, s’arrêtant régulièrement pour picorer ou regarder autour de lui.  Bien qu’il s’agisse plutôt d’un oiseau des montagnes, le traquet motteux se plait sur le site du hâble et il y revient chaque printemps après avoir hiverné en Afrique.

La linotte mélodieuse est également particulièrement présente et on l’aperçoit de loin grâce à la belle livrée rouge du mâle. L’oiseau n’est pas très discret et chante à tue-tête,  perché sur les branches hautes des bosquets qui abritent son nid. Il passe également beaucoup de temps au sol. Ils vivent en colonies et bien souvent les bosquets alentours hébergent eux-aussi chacun leur couple de linottes.

On peut encore citer le pipit farlouse, peu farouche, qu’on croisera parfois le bec empli de brindilles ou de larves et d’insectes. En s’éloignant du cordon de galets, il est possible d’approcher les étangs de pêche qui abritent de petites roselières où chantent les phragmites des joncs et où s’agitent les bruants des roseaux.


En venant de Cayeux-sur-mer et depuis le chemin qui longe le littoral, on découvre tout d’abord les principaux étangs qui constituent la réserve naturelle. La lunette d’approche ou les jumelles sont ici nécessaires pour observer les oiseaux, notamment les cormorans qui en ont fait un reposoir. Les foulques, tadornes de Belon, goélands et mouettes sont également nombreux. Quelques aigrettes explorent aussi régulièrement les abords de l’étang.
En continuant vers le sud, on découvre une deuxième série d’étangs et de pâtures.Ces étangs hébergent quantité de grenouilles vertes qui remontent régulièrement à la surface pour un concert de croassements. Les oiseaux sont ici plus facilement  observables car les étangs sont plus proches du chemin et, pour peu que l’on sache être discret et se faire oublier, on peut tout à fait avoir la chance de voir approcher quelques limicoles. Les échasses blanches, les avocettes, les mouettes et les sternes caugek sont les principaux hôtes de ces étangs, mais les chevaliers, les barges, les gravelots, les huitriers-pies sont également présents régulièrement ainsi que les aigrettes-garzettes et les hérons. Des îlots ont été aménagés afin de permettre la nidification et les avocettes, les échasses, les vanneaux et les mouettes se partagent ces espaces, dans une cohabitation pas toujours facile, avec de fréquentes querelles de voisinage.

L’avocette élégante, comme son nom l’indique, est particulièrement gracieuse avec son plumage noir et blanc et ses longues pattes bleutées. Son bec long et fin, légèrement recourbé vers le haut, lui permet par un balancement de tête de gauche à droite de rechercher des vers et autres invertébrés dans la vase. La partie courbe du bec entrouvert étant plongée dans l’eau, les proies sont localisées principalement au toucher. L’avocette est surtout active tôt le matin, et le soir. Elle se nourrit de mollusques, d’insectes, de crustacés et de vers. Le nid est une simple dépression dans le sol, garnie de végétaux, dans laquelle le couple se relaie pour couver 3 à 4 œufs. Très territoriale, l’avocette s’emploie à éloigner systématiquement les intrus et si le visiteur s’avise d’approcher un peu trop de la barrière qui protège l’accès au site, l’oiseau n’hésite pas à venir le survoler de près tout en l’admonestant de cris sûrement peu sympathiques en langage avocette !

L’avocette accepte cependant de vivre en colonies mixtes avec l’échasse blanche qui vient également nicher sur ces îlots. L’échasse se nourrit aussi dans les eaux peu profondes, pataugeant et capturant des proies sur ou près de la surface. Ses très longues pattes lui permettent toutefois de marcher dans des eaux plus profondes que les autres oiseaux d’eau. Elle se nourrit d’insectes aquatiques, vers, têtards et larves de mouches, mais aussi de crustacés, mollusques et araignées. On dit que si un intrus approche quand les poussins sont dans le nid, l’échasse blanche adulte peut simuler une aile brisée afin d’attirer le prédateur sur elle et l’éloigner du nid.

1 comment for “Les oiseaux du hâble d’Ault

  1. 21 juin 2012 at 16 h 33 min

    Une très belle série !

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