La Baie de Somme
La baie de Somme occupe une place particulière dans le coeur du photographe, et, si peu que je m’en éloigne quelques semaines, l’envie d’aller arpenter ses grands espaces monte inexorablement. La richesse et la variété des lumières, les paysages sans cesse renouvelés, le charme des bourgs qui entourent la baie, l’abondance de la vie animale et les oiseaux omniprésents sont autant de possibilités offertes de saisir une belle image.
La promenade que je vous propose fait le tour de la baie, avec des images réalisées le plus souvent au petit matin, lorsque la lumière est la plus belle…
Au sud, la pointe du Hourdel, où vient mourir le cordon de galets, avec ses immenses bancs de sable découverts à marée basse, où se prélassent les phoques et où les ornithologues comptent les passages d’oiseaux…
Saint-Valery s’offre ensuite comme point de départ d’escapades vers le cap Hornu, et vers les mollières de Pinchefalise. Saint-Valery, c’est aussi le canal de la Somme, les barques dans le chenal et la vue magnifique sur la baie et ses méandres depuis les hauteurs de la vieille ville.
En suivant la D940, vers Noyelles-sur-mer, c’est l’univers des ‘‘renclôtures’’ que l’on découvre, ces terres gagnées sur la mer. Une digue parcourue par le petit train de la baie marque la limite avec les mollières. Les vaches et les chevaux pâturent, en compagnie des hérons, cygnes et autres canards. Difficile de parler de la baie sans évoquer la chasse, dont l’empreinte est partout et qui modèle les paysages de ses étangs et de ses huttes. Impossible également de ne pas évoquer les moutons d’estran, dont la saveur particulière héritée de leur séjour dans les près salés, fait le régal des gourmets.
J’avoue une petite tendresse pour le Crotoy, son petit port, les vues sur le Hourdel et Saint-Valéry, et son cimetière à bateaux. Le plan d’eau de la Bassée, peuplé d’oiseaux et de chevaux Henson est également un lieu où je rôde régulièrement, à l’affût d’une lumière ou d’un mouvement à inscrire sur la pellicule.
Ce sont ensuite les plages de la Maye, si jolies lorsque les lilas de mer sont fleuris et enfin, les plages immenses de la réserve naturelle apparaissent, où il n’est pas rare de croiser conchiliculteurs et cavaliers amoureux de nature.
«La rêverie s’égare, dans ce paysage infini, sur les formes aplanies, sur la douceur et l’usure de cette vieille contrée.» Maurice Barrès