La forêt de CrécyLa forêt de Crécy

La forêt de Crécy est un lieu d’histoire… A l’époque romaine, elle s’étendait depuis la Somme jusqu’à l’Authie. Les Romains commencèrent à défricher la forêt pour y percer différentes routes, puis les moines, notamment ceux de Valloires, entreprirent de transformer une grande partie de cette forêt en terres labourables. 

Durant la guerre de Cent Ans, c’est en bordure de cette forêt que se déroula la célèbre bataille de Crécy en 1346, qui vit la défaite cuisante de l’armée française face aux troupes anglaises.  Initialement rattachée au Comté de Ponthieu, la forêt devint ensuite propriété du Comte d’Artois. A la révolution, elle devient la forêt domaniale de Crécy, propriété de l’Etat, et seul le bois du Rondel qui représente environ 10% de la surface actuelle de la forêt, reste un bois privé. Très giboyeuse, la forêt abritait autrefois des aigles et les loups étaient si nombreux au XIV ième siècle qu’ils entraient en meute dans les villages, à la grande frayeur des habitants. La forêt de Crécy fut un terrain de chasse apprécié de François 1er qui y possédait un pavillon de chasse.

Aujourd’hui, la superficie de la forêt de Crécy est de 4300 hectares et elle s’étend du Sud-Est au Nord-Est d’Abbeville. Ce massif est considéré comme l’un des plus beaux au nord de Paris. En 1905, une trentaine d’arbres ont été classés comme arbres remarquables, plus de vingt subsistent aujourd’hui, dont le chêne des Ramolleux qui aurait été planté après la bataille de Crécy, il y a 600 ans…

Les principales essences sont le hêtre et le chêne, mais également le bouleau, le charme et le saule. Le bois fourni par la forêt est une richesse qui de tous temps a été exploitée et protégée. L’exploitation s’est longtemps organisée autour de la production de bois de chauffage à partir de taillis sous futaie. La futaie est en grande partie constituée de hêtres blancs qui bénéficient d’une réputation de qualité. Aujourd’hui c’est la production de bois d’œuvre qui est privilégiée, au détriment du bois de chauffage. L’incidence du réchauffement climatique conduit également l’ONF à privilégier le chêne plutôt que le hêtre qui supporte moins bien les changements du climat.

Des aires de pique-nique, des espaces de jeux pour les enfants, des circuits de randonnée balisés et des allées cavalières ont été aménagés. La forêt sait aussi se montrer généreuse avec les ramasseurs de champignons et le chevreuil et le sanglier sont chassés en battue d’octobre à février.

Pour le photographe, la forêt est source d’inspiration permanente, par ses couleurs, ses alternances de saisons, la magnificence et la majesté de certains arbres, la fragilité de jeunes pousses, par ses lumières et par les rencontres fortuites avec la faune.

 

«Parfois, un arbre humanise mieux un paysage que ne le ferait un homme.» Gilbert Cesbron