Les géants doux du Ponthieu : rencontre avec deux chevaux Boulonnais

Sur la route qui mène vers la baie de Somme, non loin de Nouvion-en-Ponthieu, il suffit parfois d’un simple arrêt au bord d’une pâture pour vivre une belle rencontre. C’est là que j’ai croisé ces deux magnifiques chevaux Boulonnais, paisiblement occupés à brouter sous le ciel picard.
Photographier des chevaux en pâture demande un peu de patience. La plupart du temps, leur attention est tournée vers l’herbe tendre qui pousse à leurs pieds. Il faut alors attendre qu’ils relèvent la tête, l’espace de quelques secondes, ou profiter du moment où ils traversent le pré pour venir à votre rencontre. Car ces deux-là sont particulièrement sociables. Curieux et confiants, ils n’hésitent pas à s’approcher de la clôture pour réclamer quelques caresses et observer leur visiteur de plus près.
À mesure qu’ils se rapprochent, on prend toute la mesure de leur impressionnante stature. Leur large poitrail, leur musculature puissante et leurs épaules massives témoignent de siècles de sélection pour le travail de trait. Pourtant, malgré leur force évidente, leur regard reste doux et leur comportement d’une grande tranquillité. Leur élégante crinière apporte même une touche de noblesse à cette silhouette de colosse.
Le Boulonnais est l’une des plus anciennes races de chevaux de trait françaises. Originaire des Hauts-de-France, il est souvent surnommé le « Pur-Sang des chevaux de trait » en raison de son élégance et de ses allures plus légères que celles d’autres races de travail. Son histoire est intimement liée à celle de la côte d’Opale et des plaines du Nord.
Pendant plusieurs siècles, le modèle léger du Boulonnais, appelé le « mareyeur », joua un rôle essentiel dans le transport du poisson frais. Attelés à des chariots chargés de la pêche débarquée à Boulogne-sur-Mer ou à Dieppe, ces chevaux parcouraient à vive allure les routes menant jusqu’aux Halles de Paris. Avant l’arrivée du chemin de fer, ils assuraient ainsi la fameuse « Route du Poisson », couvrant parfois plus de cent kilomètres en une seule journée. Leur endurance, leur puissance et leur rapidité faisaient leur réputation bien au-delà de leur région d’origine.
Au XIXᵉ siècle, avec le développement de l’agriculture intensive, un type plus imposant apparaît : le grand Boulonnais, particulièrement apprécié pour les travaux des champs et le transport de lourdes charges. Sa force exceptionnelle en fait alors l’un des chevaux de trait les plus recherchés de France.
Comme beaucoup de races de trait, le Boulonnais a cependant connu un fort déclin après la mécanisation de l’agriculture. Les effectifs ont chuté au point que la race est aujourd’hui considérée comme l’une des plus menacées parmi les chevaux de trait français. Depuis plusieurs décennies, éleveurs, associations et passionnés multiplient les initiatives pour préserver ce patrimoine vivant. Concours, manifestations d’attelage, utilisation dans les travaux agricoles ou forestiers, tourisme et loisirs équestres contribuent à maintenir la race et à faire découvrir ses qualités au grand public.
Observer ces deux chevaux dans leur pâture du Ponthieu, c’est finalement contempler bien davantage que de simples animaux. C’est rencontrer un fragment de l’histoire rurale des Hauts-de-France, un héritage façonné par les hommes, les paysages et les routes qui reliaient autrefois la côte aux grandes villes du royaume.
Face à leur puissance tranquille et à leur gentillesse naturelle, on comprend aisément pourquoi le cheval Boulonnais continue de susciter autant d’attachement. Un géant, certes, mais un géant au cœur tendre.
Dans les pâtures du Hâble d’Ault

Si le Hâble d’Ault est connu en baie de Somme pour sa richesse ornithologique, c’est aussi un ensemble de polders avec de nombreuses pâtures où paissent chevaux et vaches… Les poneys Fjord sont présents depuis longtemps mais cette année nous avons vu arriver des chevaux plus massifs qui semblent êtres des demi-traits comtois. Ils sont vraiment très beaux avec leur longue crinière blonde dans le vent. Quant-aux vaches Salers, ce sont leurs cornes qui impressionnent, un peu comme les Highland Cattle que l’on rencontre un peu partout dans les marais de la baie de Somme. C’est un plaisir d’observer les liens très forts entre les mères et leurs veaux. Les petits ont l’air d’apprécier les séances de nettoyage à grand coup de langue !
Marathon d’Attelages sur la plage de Berck-sur-mer

Un magnifique spectacle équestre sur la plage de Berck-sur-mer ce jeudi de l’ascension ! Ce ne sont pas moins de 26 équipages qui participaient au Marathon d’attelages organisé par l’association et centre équestre « Berck Attelages ». Si j’ai bien compris le règlement, c’est un circuit de 8 km sur la plage que les chevaux doivent réaliser en tractant leurs meneurs. Le parcours comprend 6 obstacles formés de monticules de sable et de flaques d’eau, séparés de lignes droites. Les attelages font une boucle sur la plage et passent chacun plusieurs fois les obstacles.
L’épreuve dure environ 30 à 45 minutes, et les attelages comprennent un, deux, ou quatre chevaux. Si l’un des équipages utilise des poneys, les autres sont constitués de chevaux Boulonnais, de Hensons, de Frisons magnifiques et d’autres chevaux de trait. Les règles sont complexes pour garantir le bien-être animal, avec un temps maxi mais aussi un temps minimum pour réaliser l’épreuve, et un contrôle du rythme cardiaque des chevaux à l’arrivée. Pour les photographes, c’est un véritable plaisir que d’essayer de capturer la force des animaux en plein effort, l’ambiance d’éclaboussures et de projections de sables, les crinières qui volent… et l’adresse et la virtuosité des hommes qui mènent les attelages et de ceux qui se placent pour que leur poids évite à la voiture de se renverser !
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