Crécy-en-Ponthieu célèbre les 680 ans de la bataille de Crécy

Du 21 au 23 août 2026, Crécy-en-Ponthieu a remonté le temps pour célébrer un anniversaire historique exceptionnel : les 680 ans de la bataille de Crécy, livrée le 26 août 1346. Pendant trois jours, le village et l’ancien champ de bataille ont retrouvé l’ambiance du Moyen Âge, entre chevaliers, archers, campements, artisans, musiciens et spectacles.
Mais avant de se plonger dans cette grande fête médiévale, il faut revenir près de sept siècles en arrière, à une époque où les royaumes de France et d’Angleterre s’affrontaient dans un conflit qui allait durer plus d’un siècle.
La guerre de Cent Ans : un conflit qui ne dura pas cent ans
La guerre de Cent Ans débute officiellement en 1337 et s’achève en 1453. Elle dura donc en réalité 116 ans, entrecoupés de longues périodes de trêve et de paix. Elle opposa principalement le royaume de France et le royaume d’Angleterre, mais impliqua également de nombreux princes et territoires européens.
L’une des principales causes du conflit est la question de la succession au trône de France. En 1328, le roi Charles IV meurt sans héritier mâle. La couronne revient à Philippe VI de Valois, issu de la branche masculine de la dynastie capétienne.
Mais le roi d’Angleterre Édouard III, petit-fils du roi de France Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle de France, revendique lui aussi des droits sur la couronne française. À cette rivalité dynastique s’ajoutent les tensions concernant les possessions anglaises en France, notamment la Guyenne, ainsi que les intérêts économiques et politiques des deux royaumes.
En 1337, Édouard III revendique officiellement la couronne de France. La guerre commence.
Les premières années sont particulièrement favorables aux Anglais. Après leur victoire navale de L’Écluse en 1340, Édouard III décide de porter directement la guerre sur le territoire français. En 1346, il débarque en Normandie avec son armée et entreprend une vaste chevauchée à travers le royaume.
Après avoir pris Caen, les Anglais remontent vers le nord. Ils franchissent la Seine puis la Somme, poursuivis par l’armée française de Philippe VI.
C’est à Crécy que les deux armées vont finalement se rencontrer.
26 août 1346 : la bataille de Crécy
Le 26 août 1346, l’armée anglaise d’Édouard III prend position sur les hauteurs proches de Crécy. Les Français arrivent après une longue poursuite et sont plus nombreux.
Philippe VI dispose d’une importante armée composée notamment de chevaliers et de cavaliers lourdement armés. Face à eux, les Anglais ont organisé leurs troupes de manière beaucoup plus défensive, en profitant notamment du terrain.
La bataille va rapidement tourner au désastre pour l’armée française.
Les fameux archers anglais, équipés de leurs grands arcs, déversent une pluie de flèches sur les assaillants. Les charges successives de la chevalerie française se brisent contre les lignes anglaises. La supériorité numérique française ne suffit pas à renverser la situation.
Crécy est également célèbre pour l’une des premières utilisations de pièces d’artillerie à poudre sur un champ de bataille occidental, même si leur rôle militaire reste encore très limité à cette époque.
Parmi les nombreuses victimes figure Jean Ier de Luxembourg, roi de Bohême, allié du roi de France. Devenu aveugle au cours des années précédentes, il aurait demandé à ses hommes de le conduire au combat. Il meurt sur le champ de bataille.
La défaite française est écrasante. Philippe VI doit fuir avec une partie de ses troupes tandis qu’Édouard III poursuit son expédition vers Calais.
La ville tombe après un siège de onze mois et devient une importante possession anglaise. Crécy constitue ainsi l’une des premières grandes victoires anglaises de la guerre de Cent Ans.
Cette défaite ne met évidemment pas fin au conflit. La guerre va encore connaître de nombreux épisodes, notamment la bataille de Poitiers en 1356, la terrible défaite française d’Azincourt en 1415, puis la reconquête française menée notamment sous Charles VII avec Jeanne d’Arc. La victoire française de Castillon en 1453 marque traditionnellement la fin de la guerre de Cent Ans.
680 ans plus tard, Crécy remonte le temps
En 2026, l’histoire est revenue au premier plan à Crécy-en-Ponthieu.
Pour célébrer le 680e anniversaire de la bataille, le Centre historique Crécy la bataille a organisé, avec ses partenaires, trois journées consacrées au Moyen Âge et à la mémoire de cet événement.
La manifestation s’est déroulée du vendredi 21 au dimanche 23 août, quelques jours seulement avant la date anniversaire de la bataille.
L’objectif n’était pas simplement de rappeler une date dans un livre d’histoire, mais de faire revivre cette période à travers des reconstitutions, des spectacles et de nombreuses animations.
Plus de 300 acteurs venus de toute l’Europe ont participé aux différentes animations et spectacles proposés pendant le week-end.
Un véritable village médiéval
Le samedi et le dimanche, la manifestation prenait toute sa dimension.
Pendant deux jours, trois espaces permettaient de découvrir différents aspects de la vie médiévale.
Au Centre historique Crécy la bataille, les visiteurs pouvaient retrouver des expositions consacrées à la guerre de Cent Ans et différentes animations historiques.
À quelques pas de là, un véritable village médiéval avait été installé dans une grande pâture. Marché, artisanat et spectacles plongeaient les visiteurs dans l’atmosphère des XIVe et XVe siècles.
On pouvait y rencontrer des artisans travaillant le bois, la pierre, le métal ou le cuir, découvrir la fabrication de monnaies, la vannerie ou encore la meunerie. Des camps civils permettaient également d’évoquer la vie quotidienne à cette époque.
Les enfants n’étaient pas oubliés, avec de nombreux ateliers autour du blason, du vitrail, de la calligraphie, des contes ou encore des petits chevaliers.
Tout au long de la journée, le village était également animé par des musiciens, des danseurs, des comédiens et des déambulations.
Chevaliers, archers et combats
Mais c’est sans doute sur le site même de la bataille que l’immersion dans le XIVe siècle était la plus impressionnante.
Les visiteurs pouvaient découvrir un campement militaire et observer la reconstitution de la vie des soldats de l’époque.
Tournois de chevalerie, combats à pied, démonstrations d’archerie et d’artillerie se succédaient pour montrer les techniques de combat utilisées au Moyen Âge.
Le spectacle permettait notamment de mieux comprendre pourquoi l’archerie avait joué un rôle aussi important lors de la bataille de 1346.
Une cérémonie pour la mémoire
Le dimanche matin, les commémorations prenaient également une dimension plus solennelle.
Une messe était suivie d’une procession et d’un hommage à Jean de Luxembourg devant le mémorial qui lui est consacré.
Ce moment rappelait que derrière les costumes, les spectacles et les reconstitutions, la bataille de Crécy fut avant tout un affrontement particulièrement meurtrier qui fit de très nombreuses victimes.
Crécy, une histoire toujours présente
680 ans après la bataille, le paysage autour de Crécy-en-Ponthieu conserve encore la mémoire de cet affrontement qui a marqué l’histoire de France et de l’Europe.
Durant quelques jours, les champs qui entourent le village ont retrouvé leurs chevaliers, leurs archers et leurs étendards. Le bruit des combats a remplacé celui des machines agricoles, tandis que les visiteurs pouvaient découvrir, parfois avec des yeux d’enfants, un Moyen Âge fait de campements, de musique, d’artisanat et de combats.
Les brumes de l’aube dans les polders de la Baie de Somme

Il est des matins où la Baie de Somme semble suspendre le temps. Avant que le soleil ne prenne toute sa place, les renclôtures (polders) de Noyelles-sur-Mer s’éveillent lentement dans une lumière douce, enveloppées d’un voile de brume. Les silhouettes des chevaux Henson et des vaches Highland Cattle apparaissent alors comme des ombres fantômatiques tandis que leur respiration dessine de longues volutes de buée dans l’air encore frais. Pendant quelques minutes seulement, la nature offre un spectacle à la fois poétique, mystérieux et presque fantastique.
Ces vastes pâtures humides, gagnées autrefois sur la mer puis protégées par leurs digues, font aujourd’hui partie des paysages emblématiques de la Baie de Somme. Elles accueillent une biodiversité exceptionnelle et jouent un rôle essentiel dans l’équilibre écologique de cette zone humide. Leur entretien repose en grande partie sur l’écopâturage : plutôt que d’utiliser des engins mécaniques, ce sont les animaux qui façonnent naturellement ces espaces, limitant l’embroussaillement et favorisant la richesse floristique et faunistique.
Depuis plusieurs années, les Highland Cattle se sont peu à peu imposées dans les marais de la baie. Originaires des Highlands écossais, ces vaches au pelage abondant et aux longues cornes sont parfaitement adaptées aux milieux humides et aux conditions parfois difficiles. Rustiques, peu exigeantes et capables de valoriser une végétation variée, elles participent efficacement à la gestion des espaces naturels. Leur allure imposante contraste pourtant avec leur tempérament calme, ce qui en fait des habitantes emblématiques de ces paysages.
À leurs côtés évoluent les chevaux Henson, véritable fierté de la Baie de Somme. Cette race, créée dans les années 1970 à partir de croisements entre des chevaux Fjord et des chevaux de selle, est née ici même, au cœur de ces grands espaces. Le Henson a été sélectionné pour sa robustesse, son caractère docile et son excellente adaptation aux terrains humides. Endurant et sûr de pied, il est devenu le compagnon idéal des promenades et des randonnées qui permettent de découvrir la baie autrement. Sa robe isabelle, particulièrement lumineuse dans les premières lueurs du jour, se marie parfaitement aux teintes dorées de l’aube.
Photographier ces instants demande pourtant beaucoup de patience… et une part de chance. En période de canicule, les nuits restent souvent trop chaudes pour permettre à la brume de se former. Et lorsque le soleil se lève, il ne faut parfois que quelques minutes pour que la lumière devienne dure, effaçant toute la magie des premiers instants. Il faut alors être sur place bien avant l’aube, attendre que les conditions se mettent en place et saisir rapidement ces quelques instants où lumière, brume et animaux composent un décor unique.
Certaines images gagnent encore en caractère grâce au clocher de l’église de Noyelles-sur-Mer, qui se dessine discrètement à l’arrière-plan. Sa silhouette apporte une touche profondément campagnarde à ces paysages façonnés depuis des siècles par l’homme et la nature. Elle rappelle que ces pâtures ne sont pas seulement un espace naturel remarquable, mais aussi un territoire vivant où patrimoine et biodiversité cohabitent harmonieusement.
À cela s’ajoute un autre spectacle, souvent méconnu : celui des hérons garde-bœufs. Par dizaines, ils quittent leur dortoir nocturne dès les premières lueurs du jour. Leurs silhouettes traversent le ciel encore teinté des couleurs de l’aube avant de rejoindre les pâtures où ils accompagneront bientôt les bovins. Ce ballet silencieux apporte une dernière touche de vie à cette ambiance irréelle.
Ces matinées sont rares. Elles ne durent que quelques instants avant que la lumière ne change, que la brume ne se dissipe ou que les animaux rne quittent la zone où la lumière est la plus belle. Mais lorsque tous les éléments sont réunis, la Baie de Somme dévoile un visage d’une beauté exceptionnelle. Des paysages familiers deviennent alors presque irréels, et chaque photographie raconte un moment éphémère que seule l’aube sait offrir.
Un dîner-croisière hors du temps à Cayeux-sur-Mer

À Cayeux-sur-Mer, le temps semble parfois s’arrêter pour laisser place à une autre époque. C’est particulièrement vrai lors du dîner-croisière, une soirée placée sous le signe de l’élégance, des costumes et de l’ambiance des bains de mer d’autrefois.
Dès l’arrivée sur le front de mer, le décor est planté. Face à la Manche, les célèbres cabines de plage de Cayeux-sur-Mer, alignées sur plusieurs kilomètres, offrent un cadre magnifique à cette manifestation. Leurs couleurs et leurs petites façades évoquent immédiatement les grandes heures des stations balnéaires de la Belle Époque, lorsque les premiers touristes venaient profiter des bienfaits de la mer.
Des costumes qui font revivre une autre époque
Pour l’occasion, les participants ont sorti leurs plus beaux costumes. Robes élégantes, chapeaux, ombrelles, costumes trois-pièces et accessoires soigneusement choisis donnent au front de mer des airs de voyage dans le temps.
Les costumes ne sont d’ailleurs pas de simples accessoires : ils participent pleinement à l’ambiance de la soirée. Chaque silhouette semble raconter une petite histoire et apporte une touche supplémentaire au décor déjà exceptionnel des cabines de plage.
Pour un photographe, c’est évidemment un terrain de jeu formidable. Entre les détails des vêtements, les chapeaux, les attitudes et les rencontres avec les participants, les occasions de faire quelques photos ne manquent pas.
Une table dressée avec élégance
Le dîner est lui aussi placé sous le signe de l’élégance. Les tables sont soigneusement dressées, avec de la belle vaisselle, des verres à pied et une présentation qui contribuent à donner à la soirée un véritable air de réception d’autrefois.
On est loin d’un simple repas pris au bord de la mer. Tout est pensé pour prolonger cette impression de voyage dans le temps. La décoration, les costumes et le cadre se répondent et créent une atmosphère particulièrement agréable.
Et puis il y a la mer, juste là, derrière les convives. Le bruit des vagues et la lumière changeante du littoral viennent naturellement compléter le décor.
Le défilé costumé sur le chemin des planches
L’un des moments forts de la soirée est sans aucun doute le défilé costumé sur le chemin des planches.
Les participants remontent le front de mer, entre les cabines de plage et la mer, offrant un spectacle aussi original que photogénique. Les robes et les costumes se détachent sur le décor coloré des cabines, tandis que les promeneurs peuvent profiter du spectacle.
Le chemin des planches prend alors des allures de promenade balnéaire du début du XXe siècle. On imagine facilement les élégantes venues prendre l’air marin, les messieurs en costume et les familles profitant des premiers plaisirs des bains de mer.
Pour les photographes, c’est probablement l’un des meilleurs moments : le défilé permet de saisir les costumes en mouvement, les sourires, les détails des tenues et les interactions entre les participants, avec toujours en arrière-plan les cabines et la mer.
Cayeux-sur-Mer, un décor idéal
Avec son immense plage de galets, son chemin de planches et ses centaines de cabines, Cayeux-sur-Mer possède déjà une identité très forte. Lorsqu’elle se pare de costumes anciens et accueille un dîner installé face à la mer, la station offre un décor presque cinématographique.
Cette soirée permet surtout de redécouvrir le front de mer sous un autre regard. Les cabines, que l’on pourrait simplement considérer comme un élément caractéristique du paysage cayolais, deviennent alors le décor d’une véritable reconstitution estivale.
Une parenthèse hors du temps, entre patrimoine balnéaire, élégance et convivialité, que les photographes ne peuvent qu’apprécier.
Et lorsque la soirée se termine et que la lumière commence à décliner sur la Manche, les costumes, les cabines et les tables dressées laissent peu à peu place au paysage. Une belle manière de terminer une journée à Cayeux-sur-Mer… avec quelques souvenirs et, bien sûr, beaucoup de photos.
Randonnée entre Ault et Mers-les-Bains

S’il est une promenade qui résume à elle seule toute la beauté sauvage de la côte picarde, c’est bien celle qui relie Ault à Mers-les-Bains en empruntant le sentier du littoral et en traversant le charmant Bois de Cise. Entre falaises de craie, villas Belle Époque, panoramas maritimes et rencontres inattendues avec les animaux des pâtures, cette randonnée offre une succession de paysages aussi variés que spectaculaires.
Le départ : les hautes falaises d’Ault
Dès les premiers pas sur le sentier, le regard est happé par l’immensité de la Manche et la blancheur éclatante des falaises. Ici, la côte est en perpétuelle évolution. L’érosion grignote lentement mais inexorablement le plateau crayeux. En plusieurs endroits, le sentier a d’ailleurs dû être déplacé vers l’intérieur des terres pour garantir la sécurité des promeneurs.
Cette puissance de la nature se lit partout : des pans entiers de craie se sont effondrés au pied des falaises, formant d’impressionnants éboulis blancs. Plus surprenant encore, certaines clôtures de pâtures semblent désormais suspendues dans le vide, témoins silencieux du recul progressif du trait de côte. Ce paysage en mouvement rappelle que ces falaises, aussi majestueuses soient-elles, restent particulièrement fragiles.
Le Bois de Cise, une parenthèse hors du temps

Après les grands espaces ouverts du littoral, le sentier plonge dans l’atmosphère paisible du Bois de Cise. Cette petite vallée boisée, unique sur cette portion du littoral, cache un véritable trésor architectural.
Au détour des chemins apparaissent de magnifiques villas Belle Époque, construites à la fin du XIXᵉ siècle lorsque les bains de mer attiraient la bourgeoisie venue profiter du bon air marin. Nichées entre les arbres, ces élégantes demeures semblent figées dans le temps et donnent au lieu un charme tout particulier.
L’un des points forts de la balade est sans conteste l’escalier qui descend jusqu’à la plage. À marée basse, il permet d’accéder au vaste plateau crayeux qui s’étend au pied des falaises.
Le sol est alors parsemé de silex polis par les vagues et de nombreux bigorneaux accrochés aux rochers. Les amateurs de pêche à pied prendront plaisir à observer cette petite vie marine. Une certaine prudence reste toutefois de mise : les silex fraîchement cassés peuvent être extrêmement tranchants, et une bonne paire de chaussures évitera bien des coupures.
Une nature vivante
Le chemin traverse également plusieurs pâtures où paissent tranquillement de placides vaches charolaises. Peu impressionnées par le passage des randonneurs, elles continuent paisiblement leur repas tout en offrant une scène typiquement rurale face à la mer.
Il n’est pas rare non plus de croiser un âne curieux qui vient parfois saluer les promeneurs. Ces rencontres inattendues participent au charme de cette randonnée où campagne et littoral se côtoient en permanence.
Arrivée à Mers-les-Bains : un panorama exceptionnel
À l’approche de Mers-les-Bains, le sentier rejoint l’un des plus beaux belvédères de la côte : la statue de Notre-Dame de la Falaise.
Érigée au sommet de la falaise pour veiller sur les marins et les habitants, cette statue est devenue un véritable symbole de la ville. Durant la Seconde Guerre mondiale, afin de la protéger des destructions et des réquisitions allemandes, elle fut démontée et soigneusement mise à l’abri avant d’être replacée après le conflit. Depuis son promontoire, elle continue aujourd’hui de dominer la mer.
Le panorama y est tout simplement remarquable. D’un côté s’étire la longue enfilade des falaises blanches qui rejoint Ault ; de l’autre, les toits de Mers-les-Bains et la baie offrent un superbe contraste entre patrimoine architectural et paysages naturels.
Descendre vers les célèbres villas Belle Époque

Il ne reste plus qu’à rejoindre le centre-ville en descendant vers l’esplanade.
Mers-les-Bains est réputée pour son exceptionnel ensemble de villas Belle Époque aux façades colorées. Balcons ouvragés, bow-windows, céramiques et décors raffinés racontent l’âge d’or des stations balnéaires de la fin du XIXᵉ siècle.
Lorsque la marée se retire, le spectacle devient encore plus magique. Le sable humide se transforme en immense miroir où se reflètent les façades multicolores des villas.
Une randonnée entre mer, patrimoine et nature
Cette promenade entre Ault et Mers-les-Bains est bien plus qu’une simple randonnée. Elle raconte l’histoire d’un littoral façonné par les éléments, où les falaises reculent un peu plus chaque année sous l’action de la mer. Elle invite aussi à découvrir un patrimoine exceptionnel, des élégantes villas du Bois de Cise à celles de Mers-les-Bains, tout en offrant une immersion dans une nature préservée où vaches, ânes, oiseaux marins et flore littorale accompagnent les marcheurs.
Entre paysages grandioses, curiosités géologiques, patrimoine Belle Époque et ambiance maritime, cette balade fait partie de ces itinéraires que l’on parcourt autant pour la beauté des panoramas que pour le plaisir de prendre son temps. Une randonnée incontournable sur la Côte d’Albâtre, où chaque détour offre une nouvelle occasion de s’émerveiller.
La Fête des Baigneurs à Mers-les-Bains : un voyage dans le temps

Les 25 et 26 juillet 2026, Mers-les-Bains renouait une fois de plus avec son prestigieux passé balnéaire à l’occasion de la 24ᵉ édition de la Fête des Baigneurs. Placée cette année sous le thème des « Jeux de la Belle Époque », cette manifestation est devenue au fil des ans un rendez-vous incontournable de la côte picarde, où habitants et visiteurs sont invités à revivre l’atmosphère élégante des débuts des bains de mer.
Pour ma part, je n’ai pu assister qu’à la journée du samedi. La météo annoncée pour le dimanche n’était guère encourageante pour le photographe amateur que je suis, et j’ai préféré profiter pleinement de cette première journée baignée d’une belle lumière.
Dès mon arrivée sur l’esplanade, le spectacle était au rendez-vous. Face à la Manche, bordée par les magnifiques villas Belle Époque qui font la renommée de Mers-les-Bains, l’ambiance était tout simplement magique. Ce décor exceptionnel semblait avoir été conçu pour accueillir cette plongée dans le passé. Les façades colorées, les balcons ouvragés et les bow-windows offraient un écrin parfait aux centaines de participants venus en costume d’époque.
Ce qui fait tout le charme de cette fête, c’est l’implication des visiteurs. Beaucoup avaient joué le jeu en revêtant de superbes tenues Belle Époque : élégantes robes longues, ombrelles en dentelle, canotiers, redingotes et chapeaux rivalisaient d’élégance. Pendant un week-end, on avait réellement l’impression de remonter plus d’un siècle en arrière, à l’époque où les premiers vacanciers découvraient les joies des bains de mer.
Autre attraction très appréciée : le défilé de voitures anciennes. Ces magnifiques automobiles, parfaitement restaurées, attiraient autant les passionnés de mécanique que les amateurs de photographie. Les élégantes dames en costume prenaient volontiers la pose à leurs côtés, offrant de magnifiques scènes qui semblaient tout droit sorties d’une carte postale du début du XXᵉ siècle. Pour un photographe, chaque coin de rue devenait une nouvelle occasion de saisir une image pleine de charme et d’authenticité.
Pourquoi une Fête des Baigneurs à Mers-les-Bains ?
À la fin du XIXᵉ siècle, avec l’arrivée du chemin de fer, Mers-les-Bains connaît un formidable essor touristique. Les bains de mer deviennent alors très à la mode auprès de la bourgeoisie et de l’aristocratie, convaincues des bienfaits de l’eau de mer sur la santé. De somptueuses villas sont construites face à la plage, donnant naissance à l’un des plus remarquables ensembles d’architecture Belle Époque du littoral français. Les vacanciers viennent profiter des bains, des promenades sur l’esplanade et de la vie mondaine qui anime la station.
La Fête des Baigneurs est née de la volonté de préserver et de faire revivre ce patrimoine exceptionnel. Chaque année, le quatrième week-end de juillet, la station retrouve ainsi l’atmosphère de son âge d’or grâce aux costumes d’époque, aux défilés, aux animations, aux voitures anciennes et, bien sûr, au traditionnel bain de mer en costume. Plus qu’une simple fête, c’est un véritable hommage à l’histoire de Mers-les-Bains et à ceux qui ont contribué à façonner son identité balnéaire.
Même si je n’ai pas pu profiter de la journée du dimanche, cette édition 2026 m’aura une nouvelle fois convaincu que la Fête des Baigneurs est l’un des événements les plus photogéniques de notre région. Entre patrimoine architectural, passion des reconstitutions historiques et bonne humeur des participants, tout est réuni pour passer une excellente journée… et repartir avec une carte mémoire bien remplie !
Les Fêtes Guillaume à Saint-Valery-sur-Somme : un voyage au temps de Guillaume le Conquérant

Chaque été, Saint-Valery-sur-Somme replonge dans le XIᵉ siècle à l’occasion des Fêtes Guillaume, un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’histoire médiévale et de reconstitutions historiques. Cette manifestation commémore un épisode majeur de l’histoire européenne : le séjour prolongé de Guillaume, duc de Normandie, futur Guillaume le Conquérant, dans la baie de Somme avant son départ pour l’Angleterre en 1066.
Un port stratégique avant une conquête historique
À l’automne 1066, Guillaume rassemble une impressionnante flotte destinée à traverser la Manche pour faire valoir ses droits sur le trône d’Angleterre. Après avoir réuni ses navires à l’embouchure de la Dives puis à Saint-Valery-sur-Somme, il doit patienter plusieurs semaines en raison de vents contraires.
Selon les chroniques de l’époque, c’est après une procession des reliques de saint Valery que les vents tournèrent enfin en faveur de la flotte normande. Guillaume put alors lever l’ancre et traverser la Manche pour remporter, quelques jours plus tard, la célèbre bataille d’Hastings, le 14 octobre 1066. Cette victoire allait changer durablement l’histoire de l’Angleterre et de l’Europe.
Des Vikings aux Normands
Les Fêtes Guillaume sont également l’occasion de rappeler les origines des Normands. Deux siècles avant Guillaume, les côtes de la Manche étaient régulièrement parcourues par les Vikings, ces navigateurs et guerriers venus de Scandinavie. Après de nombreuses expéditions, le chef viking Rollon obtient en 911, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, un territoire qui deviendra la Normandie.
Au fil des générations, ces anciens Vikings adoptent la langue, la religion chrétienne et les coutumes du royaume franc tout en conservant leur réputation de redoutables combattants et d’excellents marins. Guillaume le Conquérant est ainsi l’héritier de cette double culture : normande par son duché, mais issue des anciens Vikings installés sur ces terres depuis près de deux siècles.
Un défilé haut en couleurs
Pour cette édition, j’ai choisi de suivre le défilé costumé dans les rues de Saint-Valery-sur-Somme. Pour un photographe amateur, le spectacle est un véritable régal.
Les participants avaient revêtu de magnifiques costumes d’inspiration médiévale : nobles richement vêtus, servantes, hommes d’armes coiffés de leurs heaumes et protégés par leurs cottes de mailles, sans oublier le bourreau, personnage toujours aussi impressionnant. Chaque groupe contribuait à recréer l’atmosphère du Moyen Âge et offrait de belles scènes à immortaliser.
Le soleil était de la partie, mettant particulièrement en valeur les étoffes, les armures et les ruelles de la cité médiévale. Une météo idéale qui a largement contribué à la réussite de cette journée.
Une ambiance portée par la musique
Tout au long du parcours, les joueurs de cornemuse ont accompagné le cortège. Leurs mélodies résonnaient entre les remparts et les maisons anciennes, apportant une dimension supplémentaire à la fête. Leur présence contribuait réellement à l’immersion et donnait beaucoup de vie au défilé.
L’ambiance était chaleureuse, familiale et conviviale, avec un public nombreux venu profiter de ce voyage dans le temps.
Quelques réserves
Si le défilé constitue sans aucun doute le point fort de ces Fêtes Guillaume, j’avoue être resté un peu sur ma faim concernant le marché et les animations. Plusieurs stands présentaient des produits dont le lien avec l’univers médiéval paraissait parfois assez lointain. Autre petit regret : la présence de nombreux barnums modernes en plastique, très pratiques certes, mais qui jurent visuellement avec le décor exceptionnel de Saint-Valery-sur-Somme. Enfin, lors de la cérémonie symbolique de remise des clés de la ville au roi Guillaume, il aurait été agréable de voir les élus jouer eux aussi le jeu en revêtant des costumes d’époque.
Une fête qui mérite le détour
Malgré ces quelques réserves, les Fêtes Guillaume restent un rendez-vous incontournable de la baie de Somme. Entre la richesse de leur contexte historique, la qualité du défilé, les sourires des belles dames, les costumes particulièrement soignés, l’animation musicale et le cadre exceptionnel qu’offre Saint-Valery-sur-Somme, tous les ingrédients étaient réunis pour passer une excellente journée.
Pour les passionnés d’histoire comme pour les photographes, c’est une manifestation qui offre de nombreuses occasions de voyager près de mille ans en arrière… tout en profitant de l’une des plus belles cités de la côte picarde.