Month: août 2025

Les Fêtes de la Mer au Crotoy : hommage aux marins et traditions en Baie de Somme

Chaque été, Le Crotoy, sur la rive nord de la Baie de Somme, célèbre ses Fêtes de la Mer. Cet événement met à l’honneur le patrimoine maritime local et rend hommage aux marins disparus, dans une atmosphère à la fois solennelle et conviviale.

Une tradition toujours vivante

Autrefois port de pêche actif, Le Crotoy ne compte aujourd’hui plus qu’un ou deux chalutiers basés sur place, en raison de l’ensablement progressif de la baie. À l’occasion des Fêtes de la Mer, ils sont rejoints par les chalutiers du Hourdel, venus spécialement pour participer à la cérémonie.
Les bateaux, décorés de glaïeuls et de fanions colorés, offrent alors un spectacle maritime unique. De nombreux plaisanciers et petits bateaux de tourisme se joignent également à cette célébration.

Procession et hommage en mer

La fête débute par une messe, suivie d’une procession solennelle menant les participants vers le port. Les bateaux prennent ensuite le large pour un moment fort : le dépôt de couronnes de fleurs en mer, en mémoire des marins disparus. Ce geste symbolique, partagé entre pêcheurs, habitants et visiteurs, rappelle la force des liens unissant la communauté au monde maritime.

Une journée de convivialité

Au-delà de l’hommage, les Fêtes de la Mer sont aussi un temps de partage. Les quais s’animent de dégustations et d’animations pour petits et grands. L’occasion de découvrir la culture locale et de profiter d’une ambiance chaleureuse dans un cadre naturel exceptionnel.

Un rendez-vous ancré dans l’identité du Crotoy

Les Fêtes de la Mer témoignent de l’histoire maritime du Crotoy et de son attachement à la Baie de Somme. Même si la pêche y est devenue plus restreinte, cette tradition continue de rassembler et de transmettre la mémoire des marins, tout en valorisant le patrimoine immatériel de la région.

Le Musée de Picardie à Amiens et la rétrospective Albert Maignan

Un musée de référence en région

Le Musée de Picardie, inauguré en 1867, fut l’un des premiers musées de province conçus dès l’origine pour accueillir des collections publiques. Son architecture, inspirée du modèle parisien du Louvre, illustre l’ambition éducative et culturelle du Second Empire. Après plusieurs campagnes de rénovation, dont la plus récente s’est achevée en 2020, l’institution associe aujourd’hui un patrimoine architectural du XIXᵉ siècle à des espaces d’exposition modernisés.

Des collections permanentes riches et diversifiées

Le musée conserve des fonds qui couvrent un large champ chronologique, de la Préhistoire à l’art contemporain.

  • Archéologie : les collections présentent des objets issus de fouilles régionales, gallo-romaines et médiévales, ainsi que des antiquités égyptiennes et grecques.
  • Beaux-Arts : la peinture occupe une place centrale, avec des œuvres allant de la Renaissance au XIXᵉ siècle. Les collections s’enrichissent également d’importants ensembles de sculptures, dont des pièces d’Auguste Rodin et d’Alfred Boucher.
  • Art moderne et contemporain : le musée abrite des œuvres de grands noms tels que Picasso, Miró ou Dubuffet, permettant d’établir un dialogue avec les productions plus anciennes.
    Cette diversité témoigne d’une volonté encyclopédique, caractéristique des musées du XIXᵉ siècle, tout en s’ouvrant aux expressions artistiques du XXᵉ siècle.

Albert Maignan (1845-1908), un peintre à redécouvrir

Originaire de Sarthe, Albert Maignan s’impose à la fin du XIXᵉ siècle comme peintre d’histoire et décorateur. Ses réalisations monumentales pour l’Opéra-Comique ou le restaurant Le Train Bleu illustrent son goût pour les grandes compositions. Lauréat de distinctions prestigieuses, il est également l’auteur d’œuvres plus personnelles : croquis de voyage, paysages, natures mortes et esquisses décoratives.

Son intérêt pour l’archéologie, nourri par une collection privée d’objets antiques, traduit un dialogue entre l’histoire et la création picturale.

La rétrospective d’Amiens

Intitulée « Albert Maignan, un virtuose à la Belle Époque », l’exposition réunit environ 350 œuvres, issues de collections publiques et privées. Une soixantaine ont été restaurées pour l’occasion. Le parcours met en lumière aussi bien les grandes toiles officielles que les aspects plus intimes de son travail.

Une section particulière est consacrée à Louise Larivière, épouse du peintre, à travers une installation contemporaine de l’artiste Lise Terdjman (Très chère Louise), qui enrichit la lecture biographique.

Découverte du marais audomarois : entre nature préservée et traditions

Au cœur du Pas-de-Calais, le marais audomarois est un trésor naturel classé Réserve de biosphère par l’UNESCO. Avec ses paysages uniques mêlant eau, prairies, roselières et cultures maraîchères, il offre une immersion totale dans un environnement où la nature et l’homme cohabitent depuis des siècles.
Pour vivre pleinement cette expérience, rien de tel qu’une balade à pied au départ de la Grange Nature suivie d’une promenade en barque traditionnelle depuis Clairmarais.


Une balade à pied dans la réserve naturelle des étangs du Romelaëre

Située à proximité de Saint-Omer, la réserve naturelle nationale des étangs du Romelaëre est l’un des joyaux du marais. Au départ de la Grange Nature, un centre d’interprétation dédié à la faune et la flore, plusieurs sentiers aménagés vous permettent d’explorer cet espace protégé.

  • Observation des oiseaux : hérons, grèbes huppés, cormorans ou encore canards souchets trouvent ici refuge.
  • Paysages variés : alternance d’étangs, de prairies humides et de roselières, offrant une palette de couleurs au fil des saisons.
  • Sentier sur pilotis : pour s’approcher au plus près des zones aquatiques tout en respectant la fragilité des milieux.

Ce parcours pédestre, accessible à tous, est idéal pour les familles comme pour les passionnés de nature.


Une immersion en barque traditionnelle depuis Clairmarais

Après la marche, place à la découverte du marais par ses canaux. À Clairmarais, petit village au cœur du marais audomarois, les embarcations traditionnelles appelées « bacôves » ou « escutes » vous invitent à un voyage hors du temps.

Guidé par un batelier local, vous glisserez silencieusement sur l’eau à travers un réseau de 700 kilomètres de voies navigables, bordées de jardins flottants, de saules têtards et de maisons isolées accessibles uniquement par bateau.

  • Découverte du maraîchage traditionnel : culture de choux-fleurs, carottes et autres légumes qui font la réputation du marais.
  • Histoires et anecdotes : les bateliers partagent les secrets de ce territoire façonné par l’homme depuis le Moyen Âge.
  • Ambiance authentique : le clapotis de l’eau, le chant des oiseaux et la quiétude des lieux offrent un moment de déconnexion totale.


Une expérience entre patrimoine naturel et savoir-faire local

Allier la balade à pied dans la réserve des étangs du Romelaëre et la promenade en barque traditionnelle à Clairmarais, c’est découvrir le marais audomarois sous deux angles complémentaires : celui d’un sanctuaire naturel d’exception et celui d’un espace de vie humaine ancré dans ses traditions.
Que vous soyez amoureux de nature, amateur de photographie ou simplement en quête d’évasion, cette escapade promet un dépaysement total à deux pas de Saint-Omer.

Le blockhaus d’Éperlecques : témoin monumental de la Seconde Guerre mondiale

Au cœur de la forêt d’Éperlecques, dans le Pas-de-Calais, se dresse l’une des constructions les plus imposantes de la Seconde Guerre mondiale. Ce gigantesque édifice de béton, connu sous le nom de Blockhaus d’Éperlecques, fut édifié par l’Allemagne nazie à partir de 1943. Sa mission : abriter la fabrication et le lancement des missiles V2, armes révolutionnaires conçues pour frapper l’Angleterre depuis la côte française.

Pensé comme une véritable forteresse industrielle, le site devait regrouper ateliers, zones de stockage, rampes de lancement et équipements techniques à l’abri des bombardements. Sa masse de béton, dépassant les 200 000 tonnes, témoigne de l’ampleur des moyens mobilisés pour ce projet stratégique.

Un projet stoppé par la puissance aérienne alliée

Malgré des travaux menés à un rythme intensif, l’édifice ne fut jamais totalement opérationnel. Dès 1943, les bombardiers alliés identifièrent le site comme une menace majeure et lancèrent une série d’attaques massives. Les raids, notamment l’opération Crossbow, causèrent d’importants dégâts et ralentirent considérablement la construction.

Ces frappes répétées contribuèrent à détourner l’effort de guerre allemand et à limiter l’usage des V2 depuis la France. Si une partie des installations souterraines fut achevée, le blockhaus ne joua jamais pleinement le rôle pour lequel il avait été conçu.

Une architecture de guerre hors norme

Avec ses murs épais de plusieurs mètres et ses dimensions titanesques, le blockhaus d’Éperlecques reste un exemple extrême d’architecture militaire. Construit partiellement en terrain boisé, il devait combiner camouflage naturel et résistance structurelle. Son intérieur, aujourd’hui figé dans le temps, révèle les traces des bombardements, les structures inachevées et l’empreinte du travail forcé des prisonniers utilisés sur le chantier.

Mémoire et symbole

Au-delà de son aspect technique, le blockhaus d’Éperlecques incarne la brutalité de la guerre totale : gigantisme des projets, exploitation humaine, innovations militaires et destruction. Figé dans son état de 1944, il demeure un repère silencieux, chargé de mémoire, sur le territoire du Nord–Pas-de-Calais.

Aujourd’hui, il constitue un témoignage concret de l’histoire de l’Occupation et des technologies de la guerre, interrogeant à la fois les ambitions, les limites et les conséquences du conflit mondial.

La Cité de la Dentelle et de la Mode à Calais : entre patrimoine et création contemporaine

Située au cœur de l’ancien quartier Saint-Pierre, berceau historique de la dentelle mécanique, la Cité de la Dentelle et de la Mode de Calais est un musée incontournable consacré à l’art et à l’industrie de la dentelle. Installée dans une ancienne usine du XIXe siècle, elle met en valeur le savoir-faire unique de la dentelle Leavers, emblème de l’excellence textile française. Lieu de mémoire, de transmission et de création, la Cité propose une immersion dans l’univers de la dentelle, des techniques de fabrication aux usages contemporains dans la mode et le design.

Son parcours permanent retrace l’histoire de la dentelle, ses évolutions techniques, ses influences stylistiques et son rôle dans la haute couture. Des démonstrations de métiers en fonctionnement permettent aux visiteurs de découvrir les gestes précis et complexes des dentelliers, tandis que des pièces exceptionnelles issues de grandes maisons de couture témoignent du lien étroit entre dentelle et création.


L’exposition temporaire des oeuvres de Yiking Yin

La Cité de la Dentelle et de la Mode accueille actuellement une exposition temporaire dédiée à Yiking Yin, styliste et designer textile d’origine chinoise. Intitulée « D’air et de songes », cette exposition met en lumière une démarche artistique singulière basée sur les plissés, les noués et les drapés. L’occasion entre autres d’admirer la robe utilisée par Mylène Farmer pour la couverture de l’un de ses albums.


Une destination culturelle à découvrir à Calais

Facilement accessible depuis le centre-ville et les grands axes, la Cité de la Dentelle et de la Mode est ouverte toute l’année. Elle propose également des ateliers, des visites guidées, des conférences et des rencontres avec des créateurs. La boutique et l’espace librairie permettent de prolonger l’expérience autour de l’univers textile.

Lieu de référence pour les passionnés de mode, d’histoire et de design, la Cité s’impose comme un pôle culturel dynamique, où le patrimoine industriel dialogue avec la création contemporaine.

Informations pratiques, horaires, tarifs et réservation sur : www.cite-dentelle.fr

Le Dragon de Calais : un géant mécanique en bord de mer

Depuis son apparition spectaculaire en 2019, le Dragon de Calais est devenu une figure emblématique du front de mer calaisien. Œuvre monumentale de la compagnie La Machine, ce colosse d’acier, de bois et de cuir fascine petits et grands par sa taille, sa puissance et sa grâce mécanique. Installé sur la digue Gaston-Berthe, il symbolise un nouveau souffle pour la ville, entre patrimoine réinventé et ambition culturelle.

Une création spectaculaire

Le Dragon de Calais mesure 25 mètres de long, pèse 72 tonnes et peut transporter jusqu’à 50 passagers sur son dos. Doté de membres articulés, d’une queue mobile et capable de cracher feu, fumée et brume, il prend vie sous les commandes d’une équipe de machinistes installés à vue sur sa structure. Chaque sortie devient une performance, à mi-chemin entre théâtre de rue et prouesse technologique.

Un projet urbain et artistique

Commandé par la Ville de Calais dans le cadre de la redynamisation du littoral, le Dragon s’inscrit dans un projet plus vaste : la Compagnie du Dragon, qui anime un bestiaire mécanique en constante évolution. Ce projet artistique, imaginé par François Delaroziere, le directeur artistique de La Machine, mêle art, urbanisme et tourisme culturel. En plus du Dragon, la ville accueille désormais une halle dédiée à sa maintenance et à l’accueil du public, véritable atelier à ciel ouvert.

Une expérience unique pour les visiteurs

Les visiteurs peuvent monter à bord du Dragon pour une promenade immersive de 45 minutes le long de la plage et des fortifications, avec une vue imprenable sur la Manche. En parallèle, le site propose des visites guidées, des expositions, et des animations autour de l’univers du bestiaire mécanique. L’objectif : faire du Dragon un moteur d’attractivité pour Calais, bien au-delà des habituels circuits touristiques.

Une fierté calaisienne

Symbole de renouveau, le Dragon de Calais s’est imposé comme une figure populaire, à la croisée de l’imaginaire médiéval et de l’innovation contemporaine. Il attire chaque année des milliers de visiteurs et participe activement à la transformation de l’image de la ville.

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