Crécy-en-Ponthieu célèbre les 680 ans de la bataille de Crécy

Du 21 au 23 août 2026, Crécy-en-Ponthieu a remonté le temps pour célébrer un anniversaire historique exceptionnel : les 680 ans de la bataille de Crécy, livrée le 26 août 1346. Pendant trois jours, le village et l’ancien champ de bataille ont retrouvé l’ambiance du Moyen Âge, entre chevaliers, archers, campements, artisans, musiciens et spectacles.
Mais avant de se plonger dans cette grande fête médiévale, il faut revenir près de sept siècles en arrière, à une époque où les royaumes de France et d’Angleterre s’affrontaient dans un conflit qui allait durer plus d’un siècle.
La guerre de Cent Ans : un conflit qui ne dura pas cent ans
La guerre de Cent Ans débute officiellement en 1337 et s’achève en 1453. Elle dura donc en réalité 116 ans, entrecoupés de longues périodes de trêve et de paix. Elle opposa principalement le royaume de France et le royaume d’Angleterre, mais impliqua également de nombreux princes et territoires européens.
L’une des principales causes du conflit est la question de la succession au trône de France. En 1328, le roi Charles IV meurt sans héritier mâle. La couronne revient à Philippe VI de Valois, issu de la branche masculine de la dynastie capétienne.
Mais le roi d’Angleterre Édouard III, petit-fils du roi de France Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle de France, revendique lui aussi des droits sur la couronne française. À cette rivalité dynastique s’ajoutent les tensions concernant les possessions anglaises en France, notamment la Guyenne, ainsi que les intérêts économiques et politiques des deux royaumes.
En 1337, Édouard III revendique officiellement la couronne de France. La guerre commence.
Les premières années sont particulièrement favorables aux Anglais. Après leur victoire navale de L’Écluse en 1340, Édouard III décide de porter directement la guerre sur le territoire français. En 1346, il débarque en Normandie avec son armée et entreprend une vaste chevauchée à travers le royaume.
Après avoir pris Caen, les Anglais remontent vers le nord. Ils franchissent la Seine puis la Somme, poursuivis par l’armée française de Philippe VI.
C’est à Crécy que les deux armées vont finalement se rencontrer.
26 août 1346 : la bataille de Crécy
Le 26 août 1346, l’armée anglaise d’Édouard III prend position sur les hauteurs proches de Crécy. Les Français arrivent après une longue poursuite et sont plus nombreux.
Philippe VI dispose d’une importante armée composée notamment de chevaliers et de cavaliers lourdement armés. Face à eux, les Anglais ont organisé leurs troupes de manière beaucoup plus défensive, en profitant notamment du terrain.
La bataille va rapidement tourner au désastre pour l’armée française.
Les fameux archers anglais, équipés de leurs grands arcs, déversent une pluie de flèches sur les assaillants. Les charges successives de la chevalerie française se brisent contre les lignes anglaises. La supériorité numérique française ne suffit pas à renverser la situation.
Crécy est également célèbre pour l’une des premières utilisations de pièces d’artillerie à poudre sur un champ de bataille occidental, même si leur rôle militaire reste encore très limité à cette époque.
Parmi les nombreuses victimes figure Jean Ier de Luxembourg, roi de Bohême, allié du roi de France. Devenu aveugle au cours des années précédentes, il aurait demandé à ses hommes de le conduire au combat. Il meurt sur le champ de bataille.
La défaite française est écrasante. Philippe VI doit fuir avec une partie de ses troupes tandis qu’Édouard III poursuit son expédition vers Calais.
La ville tombe après un siège de onze mois et devient une importante possession anglaise. Crécy constitue ainsi l’une des premières grandes victoires anglaises de la guerre de Cent Ans.
Cette défaite ne met évidemment pas fin au conflit. La guerre va encore connaître de nombreux épisodes, notamment la bataille de Poitiers en 1356, la terrible défaite française d’Azincourt en 1415, puis la reconquête française menée notamment sous Charles VII avec Jeanne d’Arc. La victoire française de Castillon en 1453 marque traditionnellement la fin de la guerre de Cent Ans.
680 ans plus tard, Crécy remonte le temps
En 2026, l’histoire est revenue au premier plan à Crécy-en-Ponthieu.
Pour célébrer le 680e anniversaire de la bataille, le Centre historique Crécy la bataille a organisé, avec ses partenaires, trois journées consacrées au Moyen Âge et à la mémoire de cet événement.
La manifestation s’est déroulée du vendredi 21 au dimanche 23 août, quelques jours seulement avant la date anniversaire de la bataille.
L’objectif n’était pas simplement de rappeler une date dans un livre d’histoire, mais de faire revivre cette période à travers des reconstitutions, des spectacles et de nombreuses animations.
Plus de 300 acteurs venus de toute l’Europe ont participé aux différentes animations et spectacles proposés pendant le week-end.
Un véritable village médiéval
Le samedi et le dimanche, la manifestation prenait toute sa dimension.
Pendant deux jours, trois espaces permettaient de découvrir différents aspects de la vie médiévale.
Au Centre historique Crécy la bataille, les visiteurs pouvaient retrouver des expositions consacrées à la guerre de Cent Ans et différentes animations historiques.
À quelques pas de là, un véritable village médiéval avait été installé dans une grande pâture. Marché, artisanat et spectacles plongeaient les visiteurs dans l’atmosphère des XIVe et XVe siècles.
On pouvait y rencontrer des artisans travaillant le bois, la pierre, le métal ou le cuir, découvrir la fabrication de monnaies, la vannerie ou encore la meunerie. Des camps civils permettaient également d’évoquer la vie quotidienne à cette époque.
Les enfants n’étaient pas oubliés, avec de nombreux ateliers autour du blason, du vitrail, de la calligraphie, des contes ou encore des petits chevaliers.
Tout au long de la journée, le village était également animé par des musiciens, des danseurs, des comédiens et des déambulations.
Chevaliers, archers et combats
Mais c’est sans doute sur le site même de la bataille que l’immersion dans le XIVe siècle était la plus impressionnante.
Les visiteurs pouvaient découvrir un campement militaire et observer la reconstitution de la vie des soldats de l’époque.
Tournois de chevalerie, combats à pied, démonstrations d’archerie et d’artillerie se succédaient pour montrer les techniques de combat utilisées au Moyen Âge.
Le spectacle permettait notamment de mieux comprendre pourquoi l’archerie avait joué un rôle aussi important lors de la bataille de 1346.
Une cérémonie pour la mémoire
Le dimanche matin, les commémorations prenaient également une dimension plus solennelle.
Une messe était suivie d’une procession et d’un hommage à Jean de Luxembourg devant le mémorial qui lui est consacré.
Ce moment rappelait que derrière les costumes, les spectacles et les reconstitutions, la bataille de Crécy fut avant tout un affrontement particulièrement meurtrier qui fit de très nombreuses victimes.
Crécy, une histoire toujours présente
680 ans après la bataille, le paysage autour de Crécy-en-Ponthieu conserve encore la mémoire de cet affrontement qui a marqué l’histoire de France et de l’Europe.
Durant quelques jours, les champs qui entourent le village ont retrouvé leurs chevaliers, leurs archers et leurs étendards. Le bruit des combats a remplacé celui des machines agricoles, tandis que les visiteurs pouvaient découvrir, parfois avec des yeux d’enfants, un Moyen Âge fait de campements, de musique, d’artisanat et de combats.