Musée Matisse au Cateau-Cambrésis

Le musée Matisse, fondé en 1952 par Henri Matisse à Cateau-Cambrésis, sa ville natale, abrite une collection de 82 œuvres offertes par l’artiste. Initialement installé à l’Hôtel de Ville, le musée est transféré en 1982 dans le Palais Fénelon, ancienne résidence des archevêques de Cambrai, transformée en filature au XIXe siècle. Le bâtiment, construit en 1770 par l’architecte Brongniart, est situé dans un parc remarquable.
Au fil des années, le musée s’enrichit par les donations d’Auguste Herbin, Geneviève Claisse et Alice Tériade. En 2002, il rouvre dans un Palais Fénelon rénové et agrandi. Une nouvelle extension du musée est lancée en 2019, dans le marché couvert voisin, pour une réouverture prévue le 23 novembre 2024.
Parallèlement, la collection Herbin est installée dans une ancienne école du XIXe siècle rénovée en 2002 par les architectes Beaudouin, alliant modernité et architecture classique.
Le musée Matisse conserve une riche collection de 783 œuvres d’Henri Matisse, allant de ses débuts en 1895 jusqu’à ses dernières créations, incluant peintures, sculptures, dessins, estampes, vitrail et objets personnels. La présentation chronologique met en valeur l’évolution de son œuvre et la diversité de sa pratique artistique. Parmi les pièces maîtresses figurent les plâtres originaux des « Nu de Dos » et un cabinet de dessins unique, sélectionné par l’artiste lui-même.
La collection Herbin, constituée en 1956, regroupe 92 œuvres d’Auguste Herbin, pionnier de l’abstraction géométrique. Elle illustre son parcours artistique, son alphabet plastique liant formes, couleurs, musique et poésie, et son influence sur l’art cinétique et la théorie de la couleur.
La collection Tériade, rassemblée grâce à Alice Tériade, épouse de l’éditeur d’art, comprend 590 œuvres, dont des livres d’artistes réalisés avec Matisse, Picasso, Chagall, Léger, Le Corbusier, etc. Elle témoigne de l’univers artistique du couple Tériade et de l’esprit de leur villa méditerranéenne, en écho à la chapelle de Vence.
Retrouvez les collections en ligne à cette adresse : https://www.navigart.fr/matisse_lecateau/artworks
Godin, les poêles en fonte et le Familistère : une utopie sociale devenue patrimoine

Au cœur du XIXe siècle industriel, un nom s’impose dans l’histoire économique et sociale française : Jean-Baptiste André Godin. Né en 1817, cet industriel visionnaire révolutionna non seulement le monde de la métallurgie avec ses célèbres poêles en fonte, mais aussi le regard porté sur les conditions de vie des ouvriers. À Guise, dans l’Aisne, il fit sortir de terre une cité hors du commun : le Familistère, symbole d’une utopie concrète devenue aujourd’hui un musée vivant.
Les poêles en fonte Godin : une réussite industrielle
Avant de devenir philanthrope, Godin est d’abord un inventeur. Serrurier de formation, il s’intéresse très tôt à l’amélioration du chauffage domestique. En 1840, il fonde une petite fonderie à Esquéhéries, puis s’installe à Guise en 1846. Il y perfectionne les poêles en fonte émaillée, plus performants que les cheminées traditionnelles. Le succès est immédiat. La fonderie Godin se développe rapidement, conquérant d’abord la France, puis l’Europe.
Les poêles Godin, solides, économiques et élégants, deviennent des objets emblématiques de confort bourgeois, tout en restant accessibles aux classes populaires. Cette réussite industrielle va permettre à Godin de concrétiser une idée bien plus ambitieuse.
Le Familistère de Guise : une cité pour les travailleurs
Inspiré des idées de Charles Fourier, philosophe utopiste, Jean-Baptiste André Godin décide de bâtir une société plus juste. En 1859, il commence la construction du Familistère, une véritable cité sociale, pensée pour offrir aux ouvriers une qualité de vie équivalente à celle des classes aisées. Loin des logements insalubres des cités ouvrières de l’époque, le Familistère propose des logements spacieux, lumineux et salubres.
Une architecture fonctionnelle et visionnaire
L’architecture du Familistère reflète cette ambition sociale. Trois grands pavillons d’habitation s’articulent autour de cours intérieures couvertes de verrières, permettant la circulation de l’air et de la lumière. Un théâtre, une école, une crèche, une buanderie collective et même une piscine complètent cet ensemble autosuffisant. L’idée est de favoriser le bien-être et l’émancipation de chacun, en supprimant les barrières entre classes sociales.
Un modèle économique alternatif
Godin va plus loin. Il transforme son entreprise en association coopérative du capital et du travail en 1880. Les ouvriers deviennent actionnaires et gestionnaires de l’entreprise, participant aux décisions collectives. Ce modèle rare à l’époque montre que production industrielle et justice sociale peuvent coexister.
Du Familistère à la mémoire vivante : un musée unique
Après la mort de Godin en 1888, la coopérative continue à fonctionner jusqu’en 1968. Le Familistère connaît ensuite une période de déclin, avant d’être progressivement restauré et transformé en site culturel majeur.
Aujourd’hui, le Familistère de Guise est un musée classé Monument Historique, ouvert au public toute l’année. Il raconte l’histoire d’une utopie concrète, à travers des expositions, des reconstitutions d’appartements, des espaces interactifs, et des événements culturels. Le site conserve aussi des poêles Godin, témoins d’un savoir-faire industriel encore vivant : la marque Godin existe toujours, perpétuant un héritage d’exigence et de robustesse.
Un patrimoine social et industriel unique en Europe
L’histoire de Jean-Baptiste André Godin, de ses poêles en fonte à son Familistère, est celle d’un industriel humaniste, pour qui progrès économique et dignité ouvrière étaient indissociables. Le Familistère de Guise, aujourd’hui musée et lieu de mémoire, demeure un modèle d’architecture sociale et un exemple rare d’utopie réalisée.
Visiter le Familistère, c’est découvrir un pan oublié de l’histoire sociale française, un lieu où l’industrie se mêle à l’idéal, et où l’innovation rime avec solidarité.
Vues aériennes de la baie de Somme

Voici une petite série de photographies aériennes réalisées avec le drone au dessus de la baie de Somme. Il y a quelques vues des bancs de sable avec leurs formes ésotériques, leurs reliefs marqués et leurs couleurs minérales. Et puis quelques vues de Saint-Valery égalment, au peiti matin alors que la brume s’accroche sur les mollières avant d’être dissipée par la chaleur de cette journée estivale. Et une image du blockhauss du hourdel, avec le soleil pile au travers de la lucarne. C’est une image qu’on connait plus prise de l’autre côté au soir, alors qu’ici c’est au soleil levant.
Les Montgolfiades des Prés Salés

Depuis quelques années une société amiénoise développe le tourisme en montgolfière en baie de Somme. Cela ne se fait pas sans heurs, les brûleurs des ballons à air chaud font beaucoup de bruit et émettent des infrasons, dans un espace naturel vide et plat où les bruits portent très loin. De nombreux amoureux de la baie ont dénoncé ces dérangements des oiseaux et autres espèces protégées, largement amplifiés par des survol de la baie à basse altitude, à proximité immediate de la réserve naturelle. De plus, ces dérangements ont lieu tôt le matin ou tard le soir, aux heures où la présence humaine est moindre et où les animaux devraient normalement retrouver un peu de quiètude pour se nourrir et/ou se reposer.
Les aérostiers organisent maintenant chaque année les « Montgolfiades des prés salés », sur trois jours au 14 juillet. L’évenement rassemblait une dizaine de ballons cette année. C’est joli dans le ciel mais il faut faire abstraction des gros 4×4 et des remorques qui brûlent du gasoil pour suivre et ramener les mongolfières. Si vous avez le budget, vous pouvez aussi en profiter pour un baptème.
Pour ce que j’en ai vu, cette année les pilotes faisaient attention à prendre rapidement de la hauteur pour ne pas pertuber les animaux. Espérons que cela durera ainsi lors des sorties avec une seule montgolfière qui vont se poursuivre en été. Le tourisme doit être durable et respectueux de l’environnement, çà semble une évidence mais il est bon de le rappeler.
Le petit train de la Baie de Somme : voyage au rythme du soir

Quand le jour décline lentement sur la côte picarde, la Baie de Somme se prépare à livrer l’un de ses plus beaux visages. Là, entre ciel et mer, entre l’éclat d’un soleil qui s’attarde et les herbes salées des mollières, le Petit train de la Baie de Somme trace son sillon comme un fil de poésie dans le grand paysage.
Dans le roulis lent et doux du petit train, on remonte le temps. Les wagons anciens, aux boiseries patinées, semblent porter encore les murmures de voyageurs d’un autre siècle. Le sifflet, discret et mélancolique, résonne comme une promesse — celle d’un soir suspendu, loin du tumulte des jours pressés.
C’est à l’heure dorée que commence l’aventure des soirées « dîner à bord ». Le train quitte Noyelles, glissant paisiblement au cœur des prés salés. Les conversations s’adoucissent, les regards se posent plus longtemps sur le monde qui passe lentement par les fenêtres entrouvertes.
Le repas est simple et raffiné, il accompagne l’instant partagé, la chaleur des visages, le cliquetis discret de la vaisselle, et cette impression d’être ailleurs — suspendu entre ciel et terre. À chaque bouchée, le paysage se transforme : le ciel rosit, la lumière s’étire, les reflets se font liquides sur les vasières.
Et puis, soudain, la baie s’offre toute entière, large et silencieuse, comme une respiration profonde. Les mollières, ce fouillis tendre d’herbes et de vase, deviennent or et argent, mouvantes et vivantes, épousant la lumière du soir. C’est juste le moment de regarder, de se taire, d’écouter. Là-bas, quelques oiseaux tracent encore des arabesques dans un ciel d’encre naissante.
Le retour se fait dans la pénombre bleue, le cœur un peu serré d’avoir effleuré la beauté. Le petit train de la Baie de Somme ne va pas vite. C’est justement pour cela qu’il touche l’âme. Il invite à l’abandon, à la contemplation, à ce luxe rare : le temps de regarder passer le monde et d’y inscrire, le temps d’un soir, une trace discrète, comme un battement de cœur sur les chemins du vent.
Nouveauté sportive à Ault‑Onival : les chars‑à‑voile débarquent

Un vent de fraîcheur sur la plage
Depuis le printemps 2025, la plage d’Onival (Ault) accueille pour la première fois des sessions de chars‑à‑voile, proposées par le Centre Nautique Sensation Large. Ouvertes à partir de 12 ans et accessibles tant aux débutants qu’aux initiés, les séances durent environ deux heures pour 42 €.
Innovation et sensations
Ce nouveau spot permet aux participants de goûter aux joies de la glisse propulsée par le vent. Les moniteurs diplômés initient le public à la manœuvre, à l’ajustement de la voile et à la lecture du vent – des savoir-faire essentiels pour maîtriser la trajectoire et la vitesse .
Organisation et logistique
- Point de rendez‑vous : base nautique Éric‑Tabarly, à l’entrée du parking face à la descente de la plage d’Onival
- Matériel fourni : char‑à‑voile avec garde‑boue, casque, et éventuellement protections. Il est conseillé de venir avec une tenue sportive, des lunettes de soleil ou un masque, des gants et des chaussures fermées.
- Conditions météo : la météo dicte la tenue des séances – elles peuvent être annulées en cas de vent insuffisant ou excessif. En général, les séances reprennent après la marée basse, sur le sable parfait pour glisser.
Fréquence et disponibilités
Les sessions sont organisées régulièrement du printemps à l’été, notamment entre avril et juillet, à des dates variées (matinées et après‑midis) suivant les horaires de marée. Il est conseillé de consulter l’agenda en ligne pour réserver la session souhaitée .
Cette pratique offre à la fois adrénaline, technicité et plaisir de plein air et c’est une manière ludique et nouvelle de (re)découvrir ce bout de côte picarde.