La vie du Marais

Malgré la sécheresse et la baisse du niveau d’eau dans le marais du Crotoy, quelques observations ornithologiques étaient quand même possibles cette année. Voici donc quelques images de la vie du marais, au printemps et en début d’été. Les scènes de nourrissage des foulques macroules étaient vraiment intéressantes à observer, les parents travaillant d’arrache-pied pour trouver et remonter la nourriture pour leur nombreuse progéniture.

Chez les spatules, à cette époque les jeunes étaient déjà bien émancipés, même s’ils continuaient à harceler les adultes pour quémander de la nourriture. Les autres se toilettent mutuellement ou vont à la pêche avec une efficacité redoutable !

Parfois la vie des oiseaux est perturbée par le passage d’une vache Higland ou de quelques Henson, accompagnés de hérons garde-bœufs…

Nourrissage des jeunes spatules en baie de Somme

Si vous voulez savoir ce que c’est que le harcèlement, je vous conseille d’aller observer les jeunes spatules qui réclament à manger aux adultes au marais du Crotoy. Dans ce marais de la baie de Somme, on peut les voir poursuivre leur victime en hochant la tête frénétiquement et en poussant de nombreux cris. Le pauvre parent (ou pas d’ailleurs) essaie de s’éloigner de ce gêneur, à pied ou en volant plus loin, mais rien n’y fait. Le juvénile le poursuit, le presse, le prend sous son aile, tapote son bec avec le sien. Au final, l’adulte finit par le laisser enfourner son bec dans son propre gosier pour lui régurgiter de la nourriture et satisfaire sa faim.

Naissances au marais du Crotoy

Le printemps a été compliqué pour les oiseaux au marais du Crotoy avec la sécheresse et le niveau d’eau qui a fortement baissé. Les premiers écologistes de France ont fini par se décider à remettre de l’eau, mais en noyant les nids qui s’étaient installés entre temps. Pas de jeunes échasses cette année, donc… Les cygnes et les canards s’en sortent pourtant bien, une cane a même été aperçue avec 32 petits autour d’elle. Non pas qu’elle ait couvé 32 oeufs, mais les canards savent organiser des nurseries et c’est toujours un plaisir de voir ainsi la marmaille entourer la maman… Quant-aux cygnons, ces petites peluches sont toujours aussi attendrissantes. Tout ce petit monde passe son temps à manger et à dormir, comme tous les bébés du monde…

Un printemps au Hâble d’Ault

Cette année, la météo nous a offert deux belles semaines de beau temps au printemps alors que j’étais en congés et j’ai pu en profiter pour aller faire un petit peu de photo animalière au Hâble d’Ault.

Il y eu tout d’abord ce magnifique Hiboux des marais, posé sur son poteau, et qui s’est laissé approcher à quelques mètres. Je n’ose imaginer ce que ressent la souris qui croise le regard jaune et perçant de cet oiseau… J’ai pu l’apercevoir une deuxième fois quelques jours plus tard, mais il était moins coopératif…

J’ai croisé également le coucou gris, venu chercher une grosse chenille dans un buisson près duquel j’avais posté mon affut. Le tarier pâtre que j’observais à ce moment a eu la peur de sa vie.

Il y eu également le rougequeue à front blanc, que je n’avais encore jamais rencontré. Ce petit oiseau a vraiment une magnifique livrée, très haute en couleur.

J’ai également appris à reconnaitre l’alouette des champs, que j’ai dû souvent confondre avec le pipit farlouse par le passé. Le bec est en fait plus conique, il y a parfois une petite huppe dressée sur la tête et les tâches sur le ventre ne descendent pas aussi bas que chez le pipit… J’ai pu les observer nourrir leurs petit en leur apportant tour à tour (les deux adultes participent) de pleines becquées de moustiques, larves et autres insectes. Le nid est une simple cavité au pied d’une touffe d’herbe, et les parents font très attention à ne pas se sentir observés avant de s’y rendre. La couvée est à la merci du premier chien non tenu en laisse qui passe là, ou du premier véhicule qui roule hors du chemin… Avis aux chasseurs du coin qui n’ont pas beaucoup de considération pour toute cette biodiversité.

Et puis il y avait les habituelles linottes mélodieuses, dont le mâle avec ces couleurs rouges est si photogénique. J’ai pu assister à la construction du nid dans un buisson, qui semble être de la responsabilité de la femelle, le mâle se contentant de l’accompagner. J’ai également pu voir une très brève scène d’accouplement. Les linotes semblent par ailleurs se régaler des lichens et autres plantes grasses qu’elles trouvent sur les pelouses graveleuses du hâble, se confondant parfois avec la végétation dans un étonnant mimétisme.

Les phragmites des joncs sont également bien présents sur ce site. A cette époque, les mâles chantent à tue-tête en haut des branches des buissons pour attirer les femelles. La variété des trilles qu’ils émettent est d’une richesse incroyable ! Quel répertoire ils possèdent ! Et puis dés qu’ils ont trouvé une compagne, c’est silence radio et ils retournent à leur vie discrète…

Dans les images ci-dessous, vous retrouverez par ailleurs les espèces suivantes, pour certaines emblématiques de la baie de Somme : Avocette élégante, échasse blanche, mouette mélanocéphale, pipit farlouse, bergeronnette printanière, bergeronnette grise, accenteur mouchet et petit gravelot. Bonne visite !

La nidification des cigognes en baie de Somme

Nidification des cigognes en baie de Somme

Voici les images réalisées lors de quelques séances d’affût près d’un nid de cigognes blanches (Ciconia ciconia – White Stork) bien accessible en bord de route, en basse vallée de la Somme, tout près de la baie de Somme. Un petit coin bien agréable car la petite route de campagne est peu fréquentée et on y est seul avec le gazouillis des oiseaux la plupart du temps. Il y a beaucoup d’attente car les oiseaux peuvent s’absenter longtemps ou bien rester quasi immobiles à sommeiller sur le nid de longs moments… Heureusement, il y a d’autres nids plus loin, trop éloignés pour les photos, mais qui permettent quand même l’observation.

Voir revenir une cigogne avec de quoi rajouter un étage au nid est la récompense de ces moments d’attente ! La construction des nids se poursuit d’année en année et ils peuvent faire 200 à 300 kg (voire beaucoup plus et finissent par s’écrouler). Madame (?) montre son contentement par des claquements de bec, la tête en arrière, et chacun y va de sa patte pour arranger les branches ou les boulettes de terre ainsi rapportées.

Il y a un peu de concurrence, j’ai pu voir ainsi un autre individu, soit en quête d’un nid, soit un mâle surnuméraire en quête d’une femelle, tenter d’aponter sur le nid occupé par « mon » couple et se faire violemment chasser !

Avec un peu de chance, on retrouve les cigognes dans les champs et pâtures avoisinantes. J’en ai ainsi observé 6 dans un champ destiné à la culture des pommes de terre, qui exploraient les sillons fraîchement creusés, parfois en ne laissant voir que leur tête…

Lors de mon dernier passage, la couvaison avait débuté, j’ai préféré ne pas risquer de déranger. Rendez-vous d’ici quelques semaines pour voir si les jeunes sont présents !

Vague de froid en Baie de Somme

Vague de froid en Baie de Somme, la glace se forme au pied de la digue, le long des quais de la Somme à Saint-Valery-sur-Somme

Près de Saint-Valery-sur-Somme

En ce mois de février 2021, une vague de froid s’abat sur la région de la Baie de Somme et dure plus d’une semaine. C’est l’occasion de faire quelques photos ! Après plusieurs jours de grisaille la lumière arrive enfin avec le beau temps. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, la basse mer a lieu en pleine nuit. De ce fait, au petit matin, la baie est vide et la glace s’est déposée un peu partout le long des rieux et sur les bancs de sable. Autour de Saint-Valery-sur-Somme, les paysages habituels sont transformés, et chaque relief est souligné de blanc. Les méandres des rieux prennent une toute autre dimension, et chaque nervure dans les bancs de sable devient visible vue du ciel grâce au drone. Le Cap Hornu offre tout particulièrement des vues magnifiques avec ses immenses bancs de sable, alors que le ciel se colore grâce au lever du soleil. Par contre, par -8°C, et avec le vent contraire, les batteries s’épuisent très vite et récupérer le drone s’avère périlleux… Après une ou deux frayeurs, je parviens néanmoins à le rapatrier et à rentrer dans la voiture, complètement frigorifié !

Sur la plage du Crotoy

Le lendemain, c’est au Crotoy, de l’autre côté de la Baie de Somme, que mes pas me guident. A l’aube, les renclôtures sont superbes sous le ciel rougeoyant.

France, Somme (80), Baie de Somme, Noyelles-sur-mer, Aube sur les renclôtures (polders)

Sur la plage du Crotoy aussi le soleil levant teinte le ciel de rose et je profite de cet instant pour faire des images avec le drone. La tentation est forte de l’envoyer au loin pour explorer ces paysages parés de blanc… Cette fois-ci le drone se pose à 300 mètres de moi en urgence, batterie à plat à cause du froid. Heureusement, j’ai eu le temps de le ramener au dessus du sec et j’ai pu repérer son point d’atterrissage, je m’en sors sans casse…

Sur la plage, la marée a déposé une épaisse couche de glace sur quelques mètre de largeur… C’est notre « banquise » à nous ! Cette fois c’est avec le reflex que je capture la scène, alors qu’une belle lumière dorée inonde le paysage. Dans les touffes de Spartine de Townsend, les blocs de glace amoncelés offrent de jolies compositions pour les images. Un peu plus loin sur la plage, quelques joggeurs commencent à arriver, mais ils ne sont pas nombreux par ce froid !

Au marais du Crotoy

Je poursuis ma route en direction du marais du Crotoy où les étangs sont couverts de glace. Les canards, foulques et cygnes se pressent sur les quelques étendues encore en eau. La démarche des cygnes sur la glace est précautionneuse, on voit bien que ce n’est pas leur élément. Par contre ils ne sont pas gênés pour faire la sieste dessus… La belle lumière du matin les met bien en valeur sur les photos

Avec les oiseaux dans la réserve naturelle

Au plages de la Maye, dans la Réserve Naturelle de la Baie de Somme, j’observe au loin les grands rassemblements d’oiseaux ! Les Tadornes de Belon, oiseaux emblématiques de la Baie de Somme, se livrent à leurs habituels ballets aériens malgré le froid. A ma grande surprise, ils sont accompagnés d’une multitude de canards siffleurs et de canard pilets. J’apprendrais plus tard que d’abondantes chutes de neige en Scandinavie les ont obligés à se replier chez nous, plus au Sud, pour notre plus grand plaisir !