Ault

Randonnée entre Ault et Mers-les-Bains

S’il est une promenade qui résume à elle seule toute la beauté sauvage de la côte picarde, c’est bien celle qui relie Ault à Mers-les-Bains en empruntant le sentier du littoral et en traversant le charmant Bois de Cise. Entre falaises de craie, villas Belle Époque, panoramas maritimes et rencontres inattendues avec les animaux des pâtures, cette randonnée offre une succession de paysages aussi variés que spectaculaires.

Le départ : les hautes falaises d’Ault

Dès les premiers pas sur le sentier, le regard est happé par l’immensité de la Manche et la blancheur éclatante des falaises. Ici, la côte est en perpétuelle évolution. L’érosion grignote lentement mais inexorablement le plateau crayeux. En plusieurs endroits, le sentier a d’ailleurs dû être déplacé vers l’intérieur des terres pour garantir la sécurité des promeneurs.

Cette puissance de la nature se lit partout : des pans entiers de craie se sont effondrés au pied des falaises, formant d’impressionnants éboulis blancs. Plus surprenant encore, certaines clôtures de pâtures semblent désormais suspendues dans le vide, témoins silencieux du recul progressif du trait de côte. Ce paysage en mouvement rappelle que ces falaises, aussi majestueuses soient-elles, restent particulièrement fragiles.

Le Bois de Cise, une parenthèse hors du temps

Après les grands espaces ouverts du littoral, le sentier plonge dans l’atmosphère paisible du Bois de Cise. Cette petite vallée boisée, unique sur cette portion du littoral, cache un véritable trésor architectural.

Au détour des chemins apparaissent de magnifiques villas Belle Époque, construites à la fin du XIXᵉ siècle lorsque les bains de mer attiraient la bourgeoisie venue profiter du bon air marin. Nichées entre les arbres, ces élégantes demeures semblent figées dans le temps et donnent au lieu un charme tout particulier.

L’un des points forts de la balade est sans conteste l’escalier qui descend jusqu’à la plage. À marée basse, il permet d’accéder au vaste plateau crayeux qui s’étend au pied des falaises.

Le sol est alors parsemé de silex polis par les vagues et de nombreux bigorneaux accrochés aux rochers. Les amateurs de pêche à pied prendront plaisir à observer cette petite vie marine. Une certaine prudence reste toutefois de mise : les silex fraîchement cassés peuvent être extrêmement tranchants, et une bonne paire de chaussures évitera bien des coupures.

Une nature vivante

Le chemin traverse également plusieurs pâtures où paissent tranquillement de placides vaches charolaises. Peu impressionnées par le passage des randonneurs, elles continuent paisiblement leur repas tout en offrant une scène typiquement rurale face à la mer.

Il n’est pas rare non plus de croiser un âne curieux qui vient parfois saluer les promeneurs. Ces rencontres inattendues participent au charme de cette randonnée où campagne et littoral se côtoient en permanence.

Arrivée à Mers-les-Bains : un panorama exceptionnel

À l’approche de Mers-les-Bains, le sentier rejoint l’un des plus beaux belvédères de la côte : la statue de Notre-Dame de la Falaise.

Érigée au sommet de la falaise pour veiller sur les marins et les habitants, cette statue est devenue un véritable symbole de la ville. Durant la Seconde Guerre mondiale, afin de la protéger des destructions et des réquisitions allemandes, elle fut démontée et soigneusement mise à l’abri avant d’être replacée après le conflit. Depuis son promontoire, elle continue aujourd’hui de dominer la mer.

Le panorama y est tout simplement remarquable. D’un côté s’étire la longue enfilade des falaises blanches qui rejoint Ault ; de l’autre, les toits de Mers-les-Bains et la baie offrent un superbe contraste entre patrimoine architectural et paysages naturels.

Descendre vers les célèbres villas Belle Époque

Il ne reste plus qu’à rejoindre le centre-ville en descendant vers l’esplanade.

Mers-les-Bains est réputée pour son exceptionnel ensemble de villas Belle Époque aux façades colorées. Balcons ouvragés, bow-windows, céramiques et décors raffinés racontent l’âge d’or des stations balnéaires de la fin du XIXᵉ siècle.

Lorsque la marée se retire, le spectacle devient encore plus magique. Le sable humide se transforme en immense miroir où se reflètent les façades multicolores des villas.

Une randonnée entre mer, patrimoine et nature

Cette promenade entre Ault et Mers-les-Bains est bien plus qu’une simple randonnée. Elle raconte l’histoire d’un littoral façonné par les éléments, où les falaises reculent un peu plus chaque année sous l’action de la mer. Elle invite aussi à découvrir un patrimoine exceptionnel, des élégantes villas du Bois de Cise à celles de Mers-les-Bains, tout en offrant une immersion dans une nature préservée où vaches, ânes, oiseaux marins et flore littorale accompagnent les marcheurs.

Entre paysages grandioses, curiosités géologiques, patrimoine Belle Époque et ambiance maritime, cette balade fait partie de ces itinéraires que l’on parcourt autant pour la beauté des panoramas que pour le plaisir de prendre son temps. Une randonnée incontournable sur la Côte d’Albâtre, où chaque détour offre une nouvelle occasion de s’émerveiller.

Le Bois de Cise, un écrin Belle Époque entre forêt et falaises

À quelques kilomètres d’Ault, le Bois de Cise est sans doute l’un des lieux les plus étonnants de la côte picarde. Niché au fond d’une valleuse creusée dans les hautes falaises de craie, ce petit bois semble presque hors du temps. En quelques minutes seulement, on passe du plateau balayé par les vents à une véritable forêt où se cachent d’élégantes villas Belle Époque.

À la fin du XIXᵉ siècle, ce vallon sauvage est transformé en station balnéaire. De riches familles parisiennes y font construire leurs résidences secondaires, profitant d’un environnement exceptionnel où la fraîcheur du bois rejoint les paysages marins. Aujourd’hui encore, une promenade dans les allées sinueuses permet d’admirer ces magnifiques villas, chacune avec son architecture, ses bow-windows, ses colombages, ses balcons ouvragés ou ses vérandas tournées vers la mer. Elles témoignent du faste de cette époque où les bains de mer étaient devenus synonymes d’élégance et de villégiature.

Le Bois de Cise conserve un charme indéniable, même si certaines évolutions récentes viennent parfois ternir l’harmonie des lieux. Au détour des ruelles, le regard est régulièrement attiré par un enchevêtrement de fils électriques et téléphoniques qui traversent les façades des villas. Dans un site au patrimoine architectural aussi remarquable, leur enfouissement contribuerait sans aucun doute à mieux mettre en valeur ces demeures Belle Époque. De la même manière, quelques constructions contemporaines, autorisées à proximité immédiate des villas historiques, rompent parfois l’unité architecturale qui faisait l’identité de la station balnéaire. Sans remettre en cause la nécessité de faire vivre le site, on ne peut qu’espérer que les futurs projets s’intègrent davantage à ce patrimoine exceptionnel.

Le cœur du Bois de Cise invite à la flânerie. Les petites routes serpentent entre les arbres, les jardins et les villas, offrant une ambiance paisible où le couvert végétal alterne avec de belles ouvertures sur les façades. Il s’agit davantage d’un vaste bois que d’une forêt dense : les arbres sont relativement espacés et la lumière traverse facilement les feuillages, créant des conditions idéales pour la photographie. Au fil de la promenade, les points de vue se succèdent et permettent d’admirer les maisons sous des angles variés.

En poursuivant la balade, on rejoint le spectaculaire escalier qui descend vers la plage. Depuis le sommet de la falaise, la vue s’ouvre sur la Manche et les immenses falaises de craie. En bas, le paysage change complètement. À marée basse apparaît un vaste plateau crayeux, véritable livre ouvert sur la géologie de la côte. Des milliers de silex noirs émergent de la craie blanche. Lentement arrachés à la falaise par l’érosion, ils roulent au gré des marées, s’entrechoquent pendant les tempêtes et s’arrondissent peu à peu pour devenir les galets qui caractérisent les plages de la Manche. Observer cette transformation est fascinant : ici, on assiste en quelque sorte à la naissance des futurs galets de la côte picarde.

Cette plateforme rocheuse abrite également une multitude de petites mares laissées par la marée, où l’on peut observer algues, coquillages et parfois quelques crabes. Il faut cependant rester prudent : la craie humide est très glissante et les silex fraîchement cassés sont extrêmement coupants. De bonnes chaussures sont indispensables pour profiter du site en toute sécurité.

Le Bois de Cise est un lieu unique où se rencontrent patrimoine, nature et géologie. Entre les élégantes demeures de la Belle Époque, la fraîcheur de la forêt et le spectacle permanent des falaises de craie façonnées par la mer, cette promenade compte parmi les plus belles de la côte picarde. Les amateurs de photographie y trouveront, quelle que soit la saison, une lumière et des ambiances toujours renouvelées, faisant du Bois de Cise une destination incontournable entre Ault et Mers-les-Bains.

Arrivée de l’automne en Baie de Somme

L’automne arrive petit à petit en baie de Somme et divers signes montrent que la fin de la saison touristique est proche. Voiliers, Kayaks, promeneurs sont encore bien présents les week-end pour profiter des derniers beaux jours. Pourtant, au Crotoy, les marins pêcheurs échouent leurs chalutiers sur la plage pour les opérations de maintenance et remettre un coup de peinture avant l’hiver. Dans le marais, les jeunes cygnes tuberculés sont rassemblés et vont certainement s’envoler vers d’autres cieux plus cléments pour la saison hivernale. C’est aussi l’époque des grandes marées et des premières tempêtes si spectaculaires à Ault. Cependant, durant les belles journées, les lumières chaudes viennent encore saturer les couleurs des baies d’agousier le long de la route blanche au Hourdel. Petit à petit l’automne s’installe, pas de doute !

Les chars-à-voile à Ault

La commune d’Ault, sur la côte picarde, est connue pour ses falaises, ses galets et ses paysages marins changeants. Mais elle offre aussi un terrain particulièrement favorable à la pratique du char à voile, une activité qui attire aussi bien les habitants que les visiteurs de passage.

Un cadre naturel propice

À marée basse, la mer se retire largement et laisse apparaître de vastes surfaces de sable compact. C’est sur ce terrain plat, dégagé et sécurisé que le char à voile peut s’exprimer pleinement. Le vent, souvent présent sur ce littoral de la Manche, fournit l’énergie nécessaire pour faire avancer ces engins.

Une activité accessible

Le char à voile a l’avantage d’être rapidement compréhensible. Après quelques consignes de sécurité, les participants apprennent à orienter la voile, diriger le char et contrôler leur vitesse. L’apprentissage est progressif et ne demande pas de condition physique particulière. Enfants, adolescents et adultes peuvent ainsi profiter de cette expérience, sous l’encadrement de moniteurs spécialisés.

Sensations et découverte

La pratique combine la découverte d’un sport de plein air et l’exploration d’un environnement maritime. Glisser sur le sable en silence, sentir la poussée du vent et admirer le panorama des falaises d’Ault donnent à l’activité une dimension à la fois sportive et contemplative. Chaque sortie devient une occasion d’apprécier le littoral sous un angle différent.

Un atout pour le tourisme local

Au fil des années, le char à voile s’est imposé comme une activité emblématique des stations balnéaires picardes. À Ault, il contribue à diversifier l’offre de loisirs et attire aussi bien les familles que les groupes scolaires ou les entreprises en quête d’activités de cohésion. Sa pratique, soumise aux conditions de marée et de météo, permet une fréquentation régulière tout au long de l’année.

Nouveauté sportive à Ault‑Onival : les chars‑à‑voile débarquent

Un vent de fraîcheur sur la plage

Depuis le printemps 2025, la plage d’Onival (Ault) accueille pour la première fois des sessions de chars‑à‑voile, proposées par le Centre Nautique Sensation Large. Ouvertes à partir de 12 ans et accessibles tant aux débutants qu’aux initiés, les séances durent environ deux heures pour 42 €.

Innovation et sensations

Ce nouveau spot permet aux participants de goûter aux joies de la glisse propulsée par le vent. Les moniteurs diplômés initient le public à la manœuvre, à l’ajustement de la voile et à la lecture du vent – des savoir-faire essentiels pour maîtriser la trajectoire et la vitesse .

Organisation et logistique

  • Point de rendez‑vous : base nautique Éric‑Tabarly, à l’entrée du parking face à la descente de la plage d’Onival
  • Matériel fourni : char‑à‑voile avec garde‑boue, casque, et éventuellement protections. Il est conseillé de venir avec une tenue sportive, des lunettes de soleil ou un masque, des gants et des chaussures fermées.
  • Conditions météo : la météo dicte la tenue des séances – elles peuvent être annulées en cas de vent insuffisant ou excessif. En général, les séances reprennent après la marée basse, sur le sable parfait pour glisser.

Fréquence et disponibilités

Les sessions sont organisées régulièrement du printemps à l’été, notamment entre avril et juillet, à des dates variées (matinées et après‑midis) suivant les horaires de marée. Il est conseillé de consulter l’agenda en ligne pour réserver la session souhaitée .


Cette pratique offre à la fois adrénaline, technicité et plaisir de plein air et c’est une manière ludique et nouvelle de (re)découvrir ce bout de côte picarde.

Ault, au pied des falaises picardes

Blotti au pied des majestueuses falaises de la côte picarde, à l’extrémité sud du littoral de la Somme, Ault est une joli petit coin authentique comme on les aime. Ici, les dernières falaises crayeuses de la Manche plongent dans l’océan dans un décor saisissant, sculpté par le vent, l’eau et le temps.

Le village garde les vestiges d’une grandeur passée avec ses maisons de style villas belle époque, aux facades colorées et travaillées, ornées parfois de bow-window. Ault fût d’ailleurs candidat au titre de « plus beau village de France » il y a quelques années. Moins touristique que Mers-les-bains, on sent tout de même que Ault a du mal à entretenir tout ce patrimoine. Mais c’est justement ce côté moins touristique, famillial, que l’on aime.

Une des traditions bien ancrées à Ault, est la pêche à la crevette grise. A marée basse, il n’est pas rare de voir plusieurs dizaines de pêcheurs arriver avec leur grand filet (le haveneau) pour aller attraper les « sauterelles ». Si d’aucuns pratiquent cette pêche avec les moyens du bord, d’autres sont vraiment équipés avec un grand haveneau disposant parfois de roulettes, très large, avec un appui à l’extrêmité du manche pour pousser avec le ventre. Pendant que Monsieur pêche de quoi préparer l’apéro, madame et les enfants sont sur la plage, impatient de voir le butin !

Aujourd’hui, la commune tourne aussi son regard vers l’avenir. Sur la plage, les chars à voile ont fait leur apparition, portés par la brise marine. Cette nouvelle activité, respectueuse de l’environnement, attire les amateurs de sensations douces et offre une manière singulière de découvrir le littoral. Entre sable et écume, ces voiles colorées glissent désormais entre Ault et Cayeux, ajoutant une note dynamique à la quiétude du paysage.

Ault, à sa manière, continue de conjuguer nature, patrimoine et renouveau. Une halte simple, presque secrète, où l’on prend le temps de regarder la mer, et d’écouter le silence des falaises.

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