Baie de Somme

Les brumes de l’aube dans les polders de la Baie de Somme

Il est des matins où la Baie de Somme semble suspendre le temps. Avant que le soleil ne prenne toute sa place, les renclôtures (polders) de Noyelles-sur-Mer s’éveillent lentement dans une lumière douce, enveloppées d’un voile de brume. Les silhouettes des chevaux Henson et des vaches Highland Cattle apparaissent alors comme des ombres fantômatiques tandis que leur respiration dessine de longues volutes de buée dans l’air encore frais. Pendant quelques minutes seulement, la nature offre un spectacle à la fois poétique, mystérieux et presque fantastique.

Ces vastes pâtures humides, gagnées autrefois sur la mer puis protégées par leurs digues, font aujourd’hui partie des paysages emblématiques de la Baie de Somme. Elles accueillent une biodiversité exceptionnelle et jouent un rôle essentiel dans l’équilibre écologique de cette zone humide. Leur entretien repose en grande partie sur l’écopâturage : plutôt que d’utiliser des engins mécaniques, ce sont les animaux qui façonnent naturellement ces espaces, limitant l’embroussaillement et favorisant la richesse floristique et faunistique.

Depuis plusieurs années, les Highland Cattle se sont peu à peu imposées dans les marais de la baie. Originaires des Highlands écossais, ces vaches au pelage abondant et aux longues cornes sont parfaitement adaptées aux milieux humides et aux conditions parfois difficiles. Rustiques, peu exigeantes et capables de valoriser une végétation variée, elles participent efficacement à la gestion des espaces naturels. Leur allure imposante contraste pourtant avec leur tempérament calme, ce qui en fait des habitantes emblématiques de ces paysages.

À leurs côtés évoluent les chevaux Henson, véritable fierté de la Baie de Somme. Cette race, créée dans les années 1970 à partir de croisements entre des chevaux Fjord et des chevaux de selle, est née ici même, au cœur de ces grands espaces. Le Henson a été sélectionné pour sa robustesse, son caractère docile et son excellente adaptation aux terrains humides. Endurant et sûr de pied, il est devenu le compagnon idéal des promenades et des randonnées qui permettent de découvrir la baie autrement. Sa robe isabelle, particulièrement lumineuse dans les premières lueurs du jour, se marie parfaitement aux teintes dorées de l’aube.

Photographier ces instants demande pourtant beaucoup de patience… et une part de chance. En période de canicule, les nuits restent souvent trop chaudes pour permettre à la brume de se former. Et lorsque le soleil se lève, il ne faut parfois que quelques minutes pour que la lumière devienne dure, effaçant toute la magie des premiers instants. Il faut alors être sur place bien avant l’aube, attendre que les conditions se mettent en place et saisir rapidement ces quelques instants où lumière, brume et animaux composent un décor unique.

Certaines images gagnent encore en caractère grâce au clocher de l’église de Noyelles-sur-Mer, qui se dessine discrètement à l’arrière-plan. Sa silhouette apporte une touche profondément campagnarde à ces paysages façonnés depuis des siècles par l’homme et la nature. Elle rappelle que ces pâtures ne sont pas seulement un espace naturel remarquable, mais aussi un territoire vivant où patrimoine et biodiversité cohabitent harmonieusement.

À cela s’ajoute un autre spectacle, souvent méconnu : celui des hérons garde-bœufs. Par dizaines, ils quittent leur dortoir nocturne dès les premières lueurs du jour. Leurs silhouettes traversent le ciel encore teinté des couleurs de l’aube avant de rejoindre les pâtures où ils accompagneront bientôt les bovins. Ce ballet silencieux apporte une dernière touche de vie à cette ambiance irréelle.

Ces matinées sont rares. Elles ne durent que quelques instants avant que la lumière ne change, que la brume ne se dissipe ou que les animaux rne quittent la zone où la lumière est la plus belle. Mais lorsque tous les éléments sont réunis, la Baie de Somme dévoile un visage d’une beauté exceptionnelle. Des paysages familiers deviennent alors presque irréels, et chaque photographie raconte un moment éphémère que seule l’aube sait offrir.

Un dîner-croisière hors du temps à Cayeux-sur-Mer

À Cayeux-sur-Mer, le temps semble parfois s’arrêter pour laisser place à une autre époque. C’est particulièrement vrai lors du dîner-croisière, une soirée placée sous le signe de l’élégance, des costumes et de l’ambiance des bains de mer d’autrefois.

Dès l’arrivée sur le front de mer, le décor est planté. Face à la Manche, les célèbres cabines de plage de Cayeux-sur-Mer, alignées sur plusieurs kilomètres, offrent un cadre magnifique à cette manifestation. Leurs couleurs et leurs petites façades évoquent immédiatement les grandes heures des stations balnéaires de la Belle Époque, lorsque les premiers touristes venaient profiter des bienfaits de la mer.

Des costumes qui font revivre une autre époque

Pour l’occasion, les participants ont sorti leurs plus beaux costumes. Robes élégantes, chapeaux, ombrelles, costumes trois-pièces et accessoires soigneusement choisis donnent au front de mer des airs de voyage dans le temps.

Les costumes ne sont d’ailleurs pas de simples accessoires : ils participent pleinement à l’ambiance de la soirée. Chaque silhouette semble raconter une petite histoire et apporte une touche supplémentaire au décor déjà exceptionnel des cabines de plage.

Pour un photographe, c’est évidemment un terrain de jeu formidable. Entre les détails des vêtements, les chapeaux, les attitudes et les rencontres avec les participants, les occasions de faire quelques photos ne manquent pas.

Une table dressée avec élégance

Le dîner est lui aussi placé sous le signe de l’élégance. Les tables sont soigneusement dressées, avec de la belle vaisselle, des verres à pied et une présentation qui contribuent à donner à la soirée un véritable air de réception d’autrefois.

On est loin d’un simple repas pris au bord de la mer. Tout est pensé pour prolonger cette impression de voyage dans le temps. La décoration, les costumes et le cadre se répondent et créent une atmosphère particulièrement agréable.

Et puis il y a la mer, juste là, derrière les convives. Le bruit des vagues et la lumière changeante du littoral viennent naturellement compléter le décor.

Le défilé costumé sur le chemin des planches

L’un des moments forts de la soirée est sans aucun doute le défilé costumé sur le chemin des planches.

Les participants remontent le front de mer, entre les cabines de plage et la mer, offrant un spectacle aussi original que photogénique. Les robes et les costumes se détachent sur le décor coloré des cabines, tandis que les promeneurs peuvent profiter du spectacle.

Le chemin des planches prend alors des allures de promenade balnéaire du début du XXe siècle. On imagine facilement les élégantes venues prendre l’air marin, les messieurs en costume et les familles profitant des premiers plaisirs des bains de mer.

Pour les photographes, c’est probablement l’un des meilleurs moments : le défilé permet de saisir les costumes en mouvement, les sourires, les détails des tenues et les interactions entre les participants, avec toujours en arrière-plan les cabines et la mer.

Cayeux-sur-Mer, un décor idéal

Avec son immense plage de galets, son chemin de planches et ses centaines de cabines, Cayeux-sur-Mer possède déjà une identité très forte. Lorsqu’elle se pare de costumes anciens et accueille un dîner installé face à la mer, la station offre un décor presque cinématographique.

Cette soirée permet surtout de redécouvrir le front de mer sous un autre regard. Les cabines, que l’on pourrait simplement considérer comme un élément caractéristique du paysage cayolais, deviennent alors le décor d’une véritable reconstitution estivale.

Une parenthèse hors du temps, entre patrimoine balnéaire, élégance et convivialité, que les photographes ne peuvent qu’apprécier.

Et lorsque la soirée se termine et que la lumière commence à décliner sur la Manche, les costumes, les cabines et les tables dressées laissent peu à peu place au paysage. Une belle manière de terminer une journée à Cayeux-sur-Mer… avec quelques souvenirs et, bien sûr, beaucoup de photos.

Promenade en baie de Somme : du Crotoy à Saint-Valery-sur-Somme, en passant par Le Hourdel

S’il est une région qui mérite d’être découverte au rythme de la lumière et des marées, c’est bien la baie de Somme. Classée parmi les plus belles baies du monde, elle offre une incroyable diversité de paysages où se mêlent nature préservée, patrimoine maritime et villages de caractère.

Cette série de photographies vous invite à une promenade entre Le Crotoy, Le Hourdel et Saint-Valery-sur-Somme, comme une succession de cartes postales révélant toute la richesse de ce coin de Picardie. Des plages baignées par la lumière du soir aux quais animés, des marais peuplés d’oiseaux aux ruelles fleuries, chaque étape dévoile une facette différente de la baie.

Le Crotoy, entre lumière dorée et nature sauvage

La promenade débute au Crotoy, seule station balnéaire de la baie orientée plein sud. Cette exposition particulière lui offre des couchers de soleil aux couleurs souvent spectaculaires. Les dernières lueurs de la journée enveloppent la plage et les Tourelles d’une lumière chaude, donnant au paysage une atmosphère paisible et intemporelle.

Le marais du Crooty rappelle que la baie est avant tout un espace naturel exceptionnel. Une scène insolite attire le regard : une imposante vache Highland Cattle s’est aventurée sur un petit îlot où nichent de nombreuses mouettes. Véritable nurserie pour leurs poussins, cet espace est défendu avec une énergie surprenante. Les oiseaux multiplient les piqués, les cris et les lâchers de fientes pour tenter d’éloigner l’intruse, offrant un spectacle révélateur de la vie sauvage qui anime la baie de Somme.

Saint-Valery-sur-Somme, le charme d’une cité maritime

Impossible d’évoquer la baie de Somme sans s’arrêter à Saint-Valery-sur-Somme, l’un des plus beaux villages de la côte picarde.

Le long des quais, les bateaux se balancent doucement sur le chenal de la Somme tandis que les façades anciennes se reflètent dans une eau changeante au gré des marées. En été, les roses trémières apportent leurs couleurs éclatantes et renforcent le charme déjà bien présent de cette cité maritime.

Le célèbre chemin de fer de la baie de Somme ajoute une touche de nostalgie. Sa locomotive à vapeur traverse les paysages de la baie dans un panache de fumée, rappelant l’époque où le train était le principal moyen de rejoindre les stations balnéaires de la côte.

En prenant un peu de hauteur, le vieux quartier médiéval dévoile ses ruelles pavées, ses maisons de pierre et ses façades couvertes de fleurs. Derrière chaque porte semble se cacher un jardin soigneusement entretenu, donnant à la ville une atmosphère particulièrement accueillante.

Plus loin, au Cap Hornu, la journée commence dans une ambiance tout aussi magique. Les premiers rayons du soleil illuminent les lilas de mer, dont les teintes violettes contrastent délicatement avec les nuances dorées de l’aube. Un moment de calme absolu, seulement troublé par le chant des oiseaux et le souffle du vent.

Le Hourdel, là où la baie rencontre la Manche

À l’extrémité sud de la baie, Le Hourdel conserve son identité de petit port de pêche. Les chalutiers y rappellent que l’activité maritime est toujours bien vivante et rythme la vie du village.

Face à la mer, le célèbre cordon de galets attire promeneurs et photographes. Les visiteurs viennent y admirer l’immensité du paysage, observer les marées ou simplement profiter de l’air marin. C’est également l’un des meilleurs endroits pour apercevoir les phoques qui ont élu domicile dans la baie, même si ce jour-là, ce sont surtout les promeneurs qui animaient le rivage.

Une baie qui change à chaque instant

En baie de Somme, aucune promenade ne ressemble à la précédente. La lumière évolue sans cesse, les marées redessinent les paysages et la faune offre régulièrement des scènes inattendues.

Entre les couchers de soleil du Crotoy, les quais fleuris de Saint-Valery-sur-Somme, les chalutiers du Hourdel et les vastes espaces naturels des marais, chaque halte compose une nouvelle carte postale. C’est sans doute cette diversité qui fait tout le charme de la baie de Somme et explique pourquoi on ne se lasse jamais d’y revenir.

Que l’on soit passionné de photographie, amateur de nature, amoureux du patrimoine ou simple promeneur, cette destination offre, en toute saison, une multitude de paysages et d’instants à immortaliser.

Randonnée entre Ault et Mers-les-Bains

S’il est une promenade qui résume à elle seule toute la beauté sauvage de la côte picarde, c’est bien celle qui relie Ault à Mers-les-Bains en empruntant le sentier du littoral et en traversant le charmant Bois de Cise. Entre falaises de craie, villas Belle Époque, panoramas maritimes et rencontres inattendues avec les animaux des pâtures, cette randonnée offre une succession de paysages aussi variés que spectaculaires.

Le départ : les hautes falaises d’Ault

Dès les premiers pas sur le sentier, le regard est happé par l’immensité de la Manche et la blancheur éclatante des falaises. Ici, la côte est en perpétuelle évolution. L’érosion grignote lentement mais inexorablement le plateau crayeux. En plusieurs endroits, le sentier a d’ailleurs dû être déplacé vers l’intérieur des terres pour garantir la sécurité des promeneurs.

Cette puissance de la nature se lit partout : des pans entiers de craie se sont effondrés au pied des falaises, formant d’impressionnants éboulis blancs. Plus surprenant encore, certaines clôtures de pâtures semblent désormais suspendues dans le vide, témoins silencieux du recul progressif du trait de côte. Ce paysage en mouvement rappelle que ces falaises, aussi majestueuses soient-elles, restent particulièrement fragiles.

Le Bois de Cise, une parenthèse hors du temps

Après les grands espaces ouverts du littoral, le sentier plonge dans l’atmosphère paisible du Bois de Cise. Cette petite vallée boisée, unique sur cette portion du littoral, cache un véritable trésor architectural.

Au détour des chemins apparaissent de magnifiques villas Belle Époque, construites à la fin du XIXᵉ siècle lorsque les bains de mer attiraient la bourgeoisie venue profiter du bon air marin. Nichées entre les arbres, ces élégantes demeures semblent figées dans le temps et donnent au lieu un charme tout particulier.

L’un des points forts de la balade est sans conteste l’escalier qui descend jusqu’à la plage. À marée basse, il permet d’accéder au vaste plateau crayeux qui s’étend au pied des falaises.

Le sol est alors parsemé de silex polis par les vagues et de nombreux bigorneaux accrochés aux rochers. Les amateurs de pêche à pied prendront plaisir à observer cette petite vie marine. Une certaine prudence reste toutefois de mise : les silex fraîchement cassés peuvent être extrêmement tranchants, et une bonne paire de chaussures évitera bien des coupures.

Une nature vivante

Le chemin traverse également plusieurs pâtures où paissent tranquillement de placides vaches charolaises. Peu impressionnées par le passage des randonneurs, elles continuent paisiblement leur repas tout en offrant une scène typiquement rurale face à la mer.

Il n’est pas rare non plus de croiser un âne curieux qui vient parfois saluer les promeneurs. Ces rencontres inattendues participent au charme de cette randonnée où campagne et littoral se côtoient en permanence.

Arrivée à Mers-les-Bains : un panorama exceptionnel

À l’approche de Mers-les-Bains, le sentier rejoint l’un des plus beaux belvédères de la côte : la statue de Notre-Dame de la Falaise.

Érigée au sommet de la falaise pour veiller sur les marins et les habitants, cette statue est devenue un véritable symbole de la ville. Durant la Seconde Guerre mondiale, afin de la protéger des destructions et des réquisitions allemandes, elle fut démontée et soigneusement mise à l’abri avant d’être replacée après le conflit. Depuis son promontoire, elle continue aujourd’hui de dominer la mer.

Le panorama y est tout simplement remarquable. D’un côté s’étire la longue enfilade des falaises blanches qui rejoint Ault ; de l’autre, les toits de Mers-les-Bains et la baie offrent un superbe contraste entre patrimoine architectural et paysages naturels.

Descendre vers les célèbres villas Belle Époque

Il ne reste plus qu’à rejoindre le centre-ville en descendant vers l’esplanade.

Mers-les-Bains est réputée pour son exceptionnel ensemble de villas Belle Époque aux façades colorées. Balcons ouvragés, bow-windows, céramiques et décors raffinés racontent l’âge d’or des stations balnéaires de la fin du XIXᵉ siècle.

Lorsque la marée se retire, le spectacle devient encore plus magique. Le sable humide se transforme en immense miroir où se reflètent les façades multicolores des villas.

Une randonnée entre mer, patrimoine et nature

Cette promenade entre Ault et Mers-les-Bains est bien plus qu’une simple randonnée. Elle raconte l’histoire d’un littoral façonné par les éléments, où les falaises reculent un peu plus chaque année sous l’action de la mer. Elle invite aussi à découvrir un patrimoine exceptionnel, des élégantes villas du Bois de Cise à celles de Mers-les-Bains, tout en offrant une immersion dans une nature préservée où vaches, ânes, oiseaux marins et flore littorale accompagnent les marcheurs.

Entre paysages grandioses, curiosités géologiques, patrimoine Belle Époque et ambiance maritime, cette balade fait partie de ces itinéraires que l’on parcourt autant pour la beauté des panoramas que pour le plaisir de prendre son temps. Une randonnée incontournable sur la Côte d’Albâtre, où chaque détour offre une nouvelle occasion de s’émerveiller.

Les Fêtes Guillaume à Saint-Valery-sur-Somme : un voyage au temps de Guillaume le Conquérant

Chaque été, Saint-Valery-sur-Somme replonge dans le XIᵉ siècle à l’occasion des Fêtes Guillaume, un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’histoire médiévale et de reconstitutions historiques. Cette manifestation commémore un épisode majeur de l’histoire européenne : le séjour prolongé de Guillaume, duc de Normandie, futur Guillaume le Conquérant, dans la baie de Somme avant son départ pour l’Angleterre en 1066.

Un port stratégique avant une conquête historique

À l’automne 1066, Guillaume rassemble une impressionnante flotte destinée à traverser la Manche pour faire valoir ses droits sur le trône d’Angleterre. Après avoir réuni ses navires à l’embouchure de la Dives puis à Saint-Valery-sur-Somme, il doit patienter plusieurs semaines en raison de vents contraires.

Selon les chroniques de l’époque, c’est après une procession des reliques de saint Valery que les vents tournèrent enfin en faveur de la flotte normande. Guillaume put alors lever l’ancre et traverser la Manche pour remporter, quelques jours plus tard, la célèbre bataille d’Hastings, le 14 octobre 1066. Cette victoire allait changer durablement l’histoire de l’Angleterre et de l’Europe.

Des Vikings aux Normands

Les Fêtes Guillaume sont également l’occasion de rappeler les origines des Normands. Deux siècles avant Guillaume, les côtes de la Manche étaient régulièrement parcourues par les Vikings, ces navigateurs et guerriers venus de Scandinavie. Après de nombreuses expéditions, le chef viking Rollon obtient en 911, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, un territoire qui deviendra la Normandie.

Au fil des générations, ces anciens Vikings adoptent la langue, la religion chrétienne et les coutumes du royaume franc tout en conservant leur réputation de redoutables combattants et d’excellents marins. Guillaume le Conquérant est ainsi l’héritier de cette double culture : normande par son duché, mais issue des anciens Vikings installés sur ces terres depuis près de deux siècles.

Un défilé haut en couleurs

Pour cette édition, j’ai choisi de suivre le défilé costumé dans les rues de Saint-Valery-sur-Somme. Pour un photographe amateur, le spectacle est un véritable régal.

Les participants avaient revêtu de magnifiques costumes d’inspiration médiévale : nobles richement vêtus, servantes, hommes d’armes coiffés de leurs heaumes et protégés par leurs cottes de mailles, sans oublier le bourreau, personnage toujours aussi impressionnant. Chaque groupe contribuait à recréer l’atmosphère du Moyen Âge et offrait de belles scènes à immortaliser.

Le soleil était de la partie, mettant particulièrement en valeur les étoffes, les armures et les ruelles de la cité médiévale. Une météo idéale qui a largement contribué à la réussite de cette journée.

Une ambiance portée par la musique

Tout au long du parcours, les joueurs de cornemuse ont accompagné le cortège. Leurs mélodies résonnaient entre les remparts et les maisons anciennes, apportant une dimension supplémentaire à la fête. Leur présence contribuait réellement à l’immersion et donnait beaucoup de vie au défilé.

L’ambiance était chaleureuse, familiale et conviviale, avec un public nombreux venu profiter de ce voyage dans le temps.

Quelques réserves

Si le défilé constitue sans aucun doute le point fort de ces Fêtes Guillaume, j’avoue être resté un peu sur ma faim concernant le marché et les animations. Plusieurs stands présentaient des produits dont le lien avec l’univers médiéval paraissait parfois assez lointain. Autre petit regret : la présence de nombreux barnums modernes en plastique, très pratiques certes, mais qui jurent visuellement avec le décor exceptionnel de Saint-Valery-sur-Somme. Enfin, lors de la cérémonie symbolique de remise des clés de la ville au roi Guillaume, il aurait été agréable de voir les élus jouer eux aussi le jeu en revêtant des costumes d’époque.

Une fête qui mérite le détour

Malgré ces quelques réserves, les Fêtes Guillaume restent un rendez-vous incontournable de la baie de Somme. Entre la richesse de leur contexte historique, la qualité du défilé, les sourires des belles dames, les costumes particulièrement soignés, l’animation musicale et le cadre exceptionnel qu’offre Saint-Valery-sur-Somme, tous les ingrédients étaient réunis pour passer une excellente journée.

Pour les passionnés d’histoire comme pour les photographes, c’est une manifestation qui offre de nombreuses occasions de voyager près de mille ans en arrière… tout en profitant de l’une des plus belles cités de la côte picarde.

Champs de coquelicots en Baie de Somme

Le secteur de Saint-Valery-sur-Somme, notamment du côté de Pendé et du Cap Hornu, est réputé au printemps pour ses nombreux coquelicots qui colorent les champs et les chemins ruraux. Chaque année, ces touches de rouge attirent le regard des promeneurs et offrent de belles opportunités aux photographes.

Cette saison, la présence des coquelicots était toutefois beaucoup plus discrète. Les conditions météorologiques et les pratiques agricoles influencent fortement leur développement, et les grandes étendues écarlates que l’on peut parfois observer dans la région étaient rares. J’ai néanmoins eu la chance de découvrir cette belle bordure de champ de luzerne au Cap Hornu, où les fleurs apportaient leurs couleurs au paysage.

Cette série de photographies témoigne de cette rencontre. Même moins abondants que certaines années, les coquelicots conservent tout leur charme et rappellent combien les paysages de la baie de Somme savent se renouveler au fil des saisons.

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