Au printemps, les oiseaux de la baie de Somme

Chaque printemps, la Baie de Somme devient pour moi un rendez-vous incontournable. Entre les vastes roselières, les prairies humides et les espaces préservés du Hâble d’Ault, cette région offre un terrain de jeu exceptionnel pour le photographe animalier passionné d’ornithologie.
Dès les premières heures du jour, lorsque la lumière est encore douce et que les roseaux se balancent au rythme du vent, les oiseaux s’activent. C’est dans ces instants privilégiés que commencent les longues séances d’affût, faites de patience, d’observation et parfois d’une bonne dose de persévérance.
Parmi les espèces que je chérie particulèrement figure la Gorgebleue à miroir. Véritable joyau des roselières, ce petit passereau au plumage éclatant est toujours un sujet fascinant à observer et à photographier. Son chant puissant résonne au-dessus des roseaux tandis qu’il se perche quelques secondes sur une tige avant de disparaître aussi vite qu’il est apparu.
Le Phragmite des joncs fait également partie de mes sujets favoris. Au printemps il chante à tue-tête pour attirer les femelles, son observation est facile. Le Pipit farlouse, le Tarier pâtre, le Traquet motteux ou encore les Bergeronnettes grises et printanières complètent cette galerie de petits oiseaux qui occupent une grande partie de mes sorties photographiques.
Ces passereaux sont souvent assez difficiles à photographier. Leur petite taille, leur mobilité incessante et leur méfiance obligent à attendre le bon moment, parfois durant de longues minutes, voire plusieurs heures. Mais lorsque tous les éléments s’alignent – une belle lumière, un comportement intéressant et un arrière-plan harmonieux – la satisfaction est immense. Une seule image réussie suffit souvent à récompenser toute cette patience.
Bien sûr, la Baie de Somme réserve aussi de nombreuses rencontres avec des espèces plus imposantes et souvent plus faciles à observer. Les élégantes Échasses blanches, les majestueuses Cigognes blanches, les Tadornes de Belon ou encore les Vanneaux huppés offrent eux aussi de magnifiques opportunités photographiques et contribuent à la richesse exceptionnelle du site.
Mais au-delà des photographies rapportées, ce sont surtout les moments passés au cœur de la nature qui rendent ces sorties si précieuses. S’immerger dans les paysages des roselières, écouter les chants du printemps, observer les interactions entre les oiseaux, comprendre leurs comportements et apprendre simplement en regardant : voilà ce qui me motive à revenir année après année.
La photographie animalière est souvent une école de patience. Elle nous invite à ralentir, à être attentif aux moindres détails et à accepter que la nature décide du rythme. En Baie de Somme comme au Hâble d’Ault, chaque sortie est différente, chaque observation apporte son lot de découvertes, et chaque belle image raconte un instant unique de cette vie sauvage si riche et si fragile.
C’est sans doute pour cela que le printemps reste ma saison préférée pour parcourir ces espaces naturels exceptionnels : pour le plaisir de la photographie, bien sûr, mais aussi pour celui d’être simplement spectateur du réveil de la nature.
Les géants doux du Ponthieu : rencontre avec deux chevaux Boulonnais

Sur la route qui mène vers la baie de Somme, non loin de Nouvion-en-Ponthieu, il suffit parfois d’un simple arrêt au bord d’une pâture pour vivre une belle rencontre. C’est là que j’ai croisé ces deux magnifiques chevaux Boulonnais, paisiblement occupés à brouter sous le ciel picard.
Photographier des chevaux en pâture demande un peu de patience. La plupart du temps, leur attention est tournée vers l’herbe tendre qui pousse à leurs pieds. Il faut alors attendre qu’ils relèvent la tête, l’espace de quelques secondes, ou profiter du moment où ils traversent le pré pour venir à votre rencontre. Car ces deux-là sont particulièrement sociables. Curieux et confiants, ils n’hésitent pas à s’approcher de la clôture pour réclamer quelques caresses et observer leur visiteur de plus près.
À mesure qu’ils se rapprochent, on prend toute la mesure de leur impressionnante stature. Leur large poitrail, leur musculature puissante et leurs épaules massives témoignent de siècles de sélection pour le travail de trait. Pourtant, malgré leur force évidente, leur regard reste doux et leur comportement d’une grande tranquillité. Leur élégante crinière apporte même une touche de noblesse à cette silhouette de colosse.
Le Boulonnais est l’une des plus anciennes races de chevaux de trait françaises. Originaire des Hauts-de-France, il est souvent surnommé le « Pur-Sang des chevaux de trait » en raison de son élégance et de ses allures plus légères que celles d’autres races de travail. Son histoire est intimement liée à celle de la côte d’Opale et des plaines du Nord.
Pendant plusieurs siècles, le modèle léger du Boulonnais, appelé le « mareyeur », joua un rôle essentiel dans le transport du poisson frais. Attelés à des chariots chargés de la pêche débarquée à Boulogne-sur-Mer ou à Dieppe, ces chevaux parcouraient à vive allure les routes menant jusqu’aux Halles de Paris. Avant l’arrivée du chemin de fer, ils assuraient ainsi la fameuse « Route du Poisson », couvrant parfois plus de cent kilomètres en une seule journée. Leur endurance, leur puissance et leur rapidité faisaient leur réputation bien au-delà de leur région d’origine.
Au XIXᵉ siècle, avec le développement de l’agriculture intensive, un type plus imposant apparaît : le grand Boulonnais, particulièrement apprécié pour les travaux des champs et le transport de lourdes charges. Sa force exceptionnelle en fait alors l’un des chevaux de trait les plus recherchés de France.
Comme beaucoup de races de trait, le Boulonnais a cependant connu un fort déclin après la mécanisation de l’agriculture. Les effectifs ont chuté au point que la race est aujourd’hui considérée comme l’une des plus menacées parmi les chevaux de trait français. Depuis plusieurs décennies, éleveurs, associations et passionnés multiplient les initiatives pour préserver ce patrimoine vivant. Concours, manifestations d’attelage, utilisation dans les travaux agricoles ou forestiers, tourisme et loisirs équestres contribuent à maintenir la race et à faire découvrir ses qualités au grand public.
Observer ces deux chevaux dans leur pâture du Ponthieu, c’est finalement contempler bien davantage que de simples animaux. C’est rencontrer un fragment de l’histoire rurale des Hauts-de-France, un héritage façonné par les hommes, les paysages et les routes qui reliaient autrefois la côte aux grandes villes du royaume.
Face à leur puissance tranquille et à leur gentillesse naturelle, on comprend aisément pourquoi le cheval Boulonnais continue de susciter autant d’attachement. Un géant, certes, mais un géant au cœur tendre.
Un festival de l’oiseau riche de sa diversité

Voici quelques semaines que l’édition 2026 du festival de l’oiseau 2026 est close et j’ai enfin terminé de trier les images des sorties nature que j’ai eu la chance de pouvoir suivre cette année. La météo nous a offert un soleil magnifique toute la semaine et on a vraiment eu de la chance de pouvoir en profiter ainsi ! Encore une fois le festival nous a permis de partager de magnifiques expériences. On a marché le long des chemins de campagne, on a grimpé en haut des falaises, on a traversé un désert à marée basse, on a exploré les mares en forêt, et flâné le long des villas du bois de Cise et sur les bords de Somme. On a attrappé et observé des petites bêtes avec des noms latins compliqués, on a compté leurs pattes, leurs antennes, on les a même laissé nous escalader avant de les libérer. On a compté les oiseaux qui passaient arrivant d’Afrique ou d’Autralie, on a regardé ceux qui vienennt faire des bébés chez nous, on a vu des tritons, des larves de libellules, une renarde et même des mouflons. On a écouté les oiseaux chanter, goûté les plantes comestibles, on a pataugé dans la gadoue, sauté dans les vagues, pêché des crevettes et même des poissons ! On s’est régalés de voir les enfants faire ces découvertes, on a parfois bien rit, on a appris, on a partagé des inquiétudes et des espoirs, on a donné un peu et reçu beaucoup. Un immense merci aux guides qui nous ont accompagnés et qui nous ont transmis leurs connaissances et leurs capacité d’emerveillement face à la nature, et un immense merci également à toute l’équipe du Festival qui oeuvre toute l’année pour organiser ce magnifique festival !
Une balade printanière en baie de Somme, entre brume, lumière dorée et air iodé

Le printemps est sans doute l’une des plus belles saisons pour découvrir la baie de Somme. Les journées s’allongent, la nature s’éveille et la lumière, si particulière, offre des ambiances changeantes au fil des heures. Cette promenade nous emmène du lever du soleil au Crotoy jusqu’au Hourdel, en passant par Saint-Valery-sur-Somme, Ault et Cayeux-sur-Mer.
Le Crotoy au lever du soleil
La journée débute avant l’aube. Peu à peu, les premières lueurs percent la brume qui enveloppe encore la baie. Le Crotoy émerge lentement de ce voile cotonneux, révélant un spectacle dont seule la nature a le secret.
Vu du ciel, le paysage prend une dimension presque irréelle. Les ruelles, le port et la plage se dévoilent progressivement tandis que la lumière dorée du soleil levant vient caresser les façades. Face à la baie, la silhouette emblématique des Tourelles se découpe à contre-jour, offrant un contraste saisissant qui fait le bonheur des photographes comme des pilotes de drone.
Chaque minute apporte une nouvelle nuance, une nouvelle atmosphère. Impossible de se lasser de ce spectacle.
Saint-Valery-sur-Somme, au rythme du chenal
Quelques kilomètres plus loin, direction le fond de la baie et les quais de Saint-Valery-sur-Somme. Ici, la vie du port suit le rythme des marées. Les bateaux profitent du chenal pour entrer ou quitter le port, offrant un ballet permanent que l’on observe avec plaisir en flânant le long de la promenade.
Le moment fort de la visite reste sans doute l’arrivée du petit train à vapeur. Dans un nuage de fumée blanche et au son caractéristique de son sifflet, il rejoint le port sous les regards des nombreux visiteurs.
Une fois les voyageurs descendus, le spectacle continue. Les passionnés de chemin de fer assistent aux manœuvres d’aiguillage qui permettent de replacer la locomotive à l’autre extrémité du convoi avant son départ dans le sens inverse. Une opération minutieuse qui rappelle toute la magie des chemins de fer d’autrefois.
Ault et Cayeux-sur-Mer, les bienfaits du grand large
La promenade se poursuit vers le sud de la baie, à Ault puis à Cayeux-sur-Mer. Le vent marin souffle doucement et les grandes plages invitent à ralentir le pas.
C’est ici que l’on croise régulièrement les adeptes du longe-côte. Combinaison néoprène enfilée, ils avancent en groupe dans l’eau, entre les vagues, pratiquant cette discipline aussi sportive que vivifiante. Leur progression offre une scène typique du littoral picard, où la mer fait partie intégrante du quotidien.
Une fin de journée au Hourdel
Pour conclure cette escapade printanière, direction Le Hourdel. Le petit port de pêche conserve toute son authenticité et réserve toujours de belles surprises.
Cette année, une nouvelle guinguette anime les quais. Installés en terrasse face à la baie, les visiteurs profitent d’un concert de clarinette qui accompagne parfaitement la douceur de la fin de journée. L’ambiance est conviviale, simple et chaleureuse, idéale pour prolonger la balade autour d’un verre.
Au large, les chalutiers poursuivent leur activité tandis que, sur les bancs de sable découverts par la marée, les phoques se reposent paisiblement. Le contraste entre l’activité des pêcheurs et la quiétude de la faune sauvage résume à lui seul toute la richesse de la baie de Somme.
Une baie aux mille visages
En une seule journée, la baie de Somme dévoile une incroyable diversité de paysages et d’ambiances. Des brumes matinales du Crotoy aux lumières du soir au Hourdel, en passant par l’animation de Saint-Valery-sur-Somme et les grands espaces d’Ault et de Cayeux-sur-Mer, chaque étape révèle un nouveau visage de ce territoire d’exception.
Au printemps, lorsque la nature reprend ses droits et que la lumière devient magique, cette balade offre sans doute l’une des plus belles façons de découvrir la baie de Somme.
La fête de la vapeur en Baie de Somme

Tous les 2 ans, la Baie de Somme se transforme en véritable machine à remonter le temps à l’occasion de la fête de la vapeur organisée par le Chemin de Fer de la Baie de Somme (CFBS). Les 25 et 26 Avril derniers, passionnés de patrimoine ferroviaire, photographes et simples curieux se sont retrouvés sous un soleil éclatant pour célébrer la magie des locomotives d’autrefois.
Une immersion unique au cœur de la Baie de Somme
Sur les 23 kilomètres de voie reliant Le Crotoy à Cayeux-sur-Mer, les trains à vapeur ont rythmé le week-end, offrant un spectacle aussi sonore que visuel. Panaches de fumée, sifflets stridents et mécaniques rutilantes ont transporté les visiteurs dans une autre époque. Des locomotives venues de toute la France ont circulé sur ce parcours emblématique, attirant les amateurs de belles machines, amoureux des ambiances olfactives parfumées au diesel et au charbon 🙂 .
Le long de la ligne, les passionnés se sont postés aux meilleurs endroits pour capturer ces instants uniques. Talus, passages à niveau, courbes, entrées de champs : chaque point de vue devenait un spot privilégié pour photographier ces géants d’acier dans un décor naturel exceptionnel.
Entre deux prises de vue, il était bien sûr possible de monter à bord pour vivre l’expérience immersive du voyage à vapeur.
En gare, le spectacle continuait : ravitaillement en eau, manœuvres techniques et demi-tours des locomotives offraient des scènes vivantes et authentiques, idéales pour enrichir une série photographique.
Des animations pour toute la famille dans chaque gare
Au-delà des trains, la fête de la vapeur proposait de nombreuses animations dans les gares du parcours.
À Saint-Valery-sur-Somme, les visiteurs pouvaient admirer des passionnés en costumes de la Belle Époque, participer à des jeux picards ou assister à des démonstrations de forge, recréant une ambiance d’antan particulièrement immersive.
Du côté de Le Crotoy, un stand steampunk attirait les regards avec ses costumes originaux et son esthétique rétrofuturiste, apportant une touche décalée à l’événement.
À Noyelles-sur-Mer, place à la démonstration de machines anciennes : scie à bois et fendeur fonctionnant à la vapeur fascinaient petits et grands. Un mini train à vapeur proposait également des balades conviviales sur la place, pour le plaisir de toute la famille.
Sous le chapiteau, les collectionneurs et chineurs trouvaient leur bonheur parmi les modèles réduits, plaques SNCF et lanternes de trains anciens, véritables trésors pour les amateurs de patrimoine ferroviaire.
Une ambiance festive et conviviale
Tout au long du week-end, l’ambiance était résolument festive. À la buvette, les visiteurs se retrouvaient en musique autour d’un orchestre, partageant un moment chaleureux après une journée riche en découvertes.
La fête de la vapeur du CFBS en Baie de Somme s’impose comme un événement incontournable pour tous ceux qui aiment les trains anciens et les ambiances authentiques. Entre patrimoine vivant, animations variées et paysages exceptionnels, ce week-end a offert un terrain de jeu idéal pour réaliser un reportage photo riche et inspirant.
Que l’on soit passionné de ferroviaire, amateur de belles images ou simplement en quête d’une sortie originale, cet événement reste une expérience unique à vivre… et à photographier.
A Cayeux, les printemps et les cabines de plage s’installent !

À Cayeux-sur-Mer, le chemin des planches et ses célèbres cabines de plage incarnent à eux seuls l’esprit du littoral picard. Bordant la vaste plage de galets de la Baie de Somme, ce lieu emblématique séduit par son atmosphère paisible et son charme intemporel. Dès les premiers jours ensoleillés d’avril, il offre une ambiance étonnamment estivale, comme une parenthèse lumineuse avant l’affluence des beaux jours.
Sous un ciel d’un bleu limpide ponctué de petits nuages blancs, les cabines de plage révèlent toute la richesse de leurs couleurs. Du pastel délicat aux teintes plus franches, elles apportent des touches de vie sur le front de mer, en contraste avec les galets et les reflets changeants de la Manche. Cette palette douce et harmonieuse participe à l’identité visuelle si reconnaissable de Cayeux-sur-Mer, entre tradition balnéaire et simplicité élégante.
Au printemps, le montage progressif des cabines transforme le paysage. Certaines sont déjà en place, d’autres viendront compléter l’ensemble dans les semaines suivantes. Cette configuration particulière crée une impression d’espace et met en valeur chaque cabine prise individuellement. Chacune semble exister pour elle-même, avec sa couleur, sa présence et son caractère, comme posée entre ciel et mer dans un décor épuré.
Le chemin des planches invite alors à la flânerie. Le bois réchauffé par le soleil, la brise marine et le bruit discret des vagues composent une atmosphère douce, presque hors du temps. Loin de l’agitation estivale, le front de mer retrouve une forme de tranquillité qui permet d’apprécier pleinement la beauté du site.
Visiter Cayeux-sur-Mer à cette période, c’est découvrir un littoral authentique sous un jour apaisé, où la lumière, les couleurs et l’espace se conjuguent avec simplicité. Les cabines de plage, encore partiellement installées, deviennent les symboles d’un printemps déjà tourné vers l’été, offrant un spectacle à la fois sobre, lumineux et profondément ancré dans l’identité de la côte picarde.